Séance 8 – Vendredi ou la vie sauvage – L’apprentissage de la vie sauvage

Objectif : comprendre la nouvelle relation qui unit Robinson et Vendredi

Vendredi a trouvé un nouveau jeu : il fume le tabac de Robinson. Il sait qu’il risque gros. Un jour où il va être puni pour ce qu’il a fait, il jette la pipe dans la grotte où il y a la poudre ce qui provoque une grosse explosion.

Les deux amis n’ont rien mais toute la civilisation que Robinson avait créée a été soufflée par l’explosion. Tenn est mort. Robinson comprend que maintenant c’est Vendredi qui va prendre les choses en main.

L’explosion de la grotte

La maison brûlait comme une torche. La muraille de la forteresse s’était effondrée dans le fossé qui la bordait. Tous les autres bâtiments, le temple, la banque, la bergerie, le mât-calendrier avaient été soufflés pêle-mêle par l’explosion (…)

Le vent se leva. Ils allèrent ensemble se laver dans la mer. Puis ils partagèrent un ananas sauvage, et Robinson se souvint que c’était la première chose qu’il eût mangée dans l’île après le naufrage. Enfin ils s’étendirent au pied du grand cèdre pour essayer de dormir.


Robinson réfléchissait en regardant la lune entre les branches noires du cèdre. Ainsi toute l’œuvre qu’il avait accomplie sur l’île, ses cultures, ses élevages, ses constructions, toutes les provisions qu’il avait accumulées dans la grotte, tout cela était perdu par la faute de Vendredi.

Et pourtant il ne lui en voulait pas. La vérité, c’est qu’il en avait assez depuis longtemps de cette organisation ennuyeuse et tracassière, mais qu’il n’avait pas le courage de la détruire. Maintenant, ils étaient libres tous les deux. Robinson se demandait avec curiosité ce qui allait se passer, et il comprenait que ce serait désormais Vendredi qui mènerait le jeu.

Quelques pistes de lecture …

“Maintenant, ils étaient libres tous les deux” : selon vous, de quelles contraintes Robinson et Vendredi se sont-ils libérés ?
Pourquoi Robinson n’en veut-il pas à Vendredi d’avoir tout fait exploser ?

Robinson se laisse guider par le style de vie de son ami. Il vit nu malgré ses premières réticences. Il joue avec Vendredi et apprend la cuisine araucanienne …

La vie sauvage

Vendredi commença leur nouvelle vie par une longue période de siestes. Il passait des journées entières dans le hamac de lianes tressées qu’il avait tendu entre deux palmiers au bord de la mer. Il bougeait si peu que les oiseaux venaient se poser dans les arbres tout près de lui. Alors il tirait sur eux avec sa sarbacane, et, le soir, il faisait rôtir avec Robinson le produit de cette sorte de chasse, certainement la méthode la plus paresseuse qui existât.

De son côté, Robinson avait commencé à se transformer complètement. Avant il portait des cheveux très courts, presque ras, et au contraire une grande barbe qui lui donnait un air de grand-père. Il coupa sa barbe – qui avait été d’ailleurs déjà abîmée par l’explosion – et il laissa pousser ses cheveux qui formèrent des boucles dorées sur toute sa tête. Du coup il paraissait beaucoup plus jeune, presque le frère de Vendredi. Il n’avait plus du tout la tête d’un gouverneur et encore moins d’un général.

Son corps aussi s’était transformé. Il avait toujours craint les coups de soleil, d’autant plus qu’il était roux. Quand il devait rester au soleil, il se couvrait des pieds à la tête, mettait un chapeau et n’oubliait pas de surcroît sa grande ombrelle en peau de chèvre. Aussi il avait une peau blanche et fragile comme celle d’une poule plumée. Encouragé par Vendredi, il commença à s’exposer nu au soleil. D’abord il avait été tout recroquevillé, laid et honteux. Puis il s’était épanoui. Sa peau avait durci et avait une teinte cuivrée. Il était fier maintenant de sa poitrine bombée et de ses muscles saillants.

Il s’exerçait avec Vendredi à toutes sortes de jeux. Ils faisaient la course sur le sable, ils se défiaient à la nage, au saut en hauteur, au lancer des bolas. Robinson avait appris également à marcher sur les mains, comme son compagnon. Il faisait « les pieds au mur » contre un rocher, puis il se détachait de ce point d’appui et partait lourdement, encouragé par les applaudissements de Vendredi.

Mais surtout il regardait faire Vendredi, il l’observait, et il apprenait grâce à lui comment on doit vivre sur une île déserte du Pacifique.

Quelques pistes de lecture …

Au contact de Vendredi, Robinson évolue : il ne donne plus le même sens à sa vie, il est passé de la vie civilisée à la vie sauvage Est-ce la vie civilisée ou la vie sauvage qui correspond la plus à votre propre définition du bonheur ?

Vendredi apprend à Robinson la cuisine araucanienne. Il n’a besoin que de ce qu’il trouve dans la nature et ses repas sont tout de même succulents.

La cuisine araucanienne

Avant l’explosion, Robinson faisait faire à Vendredi le genre de cuisine qu’il avait apprise dans sa famille à York. Si au début de son séjour dans l’île il avait été obligé de faire rôtir sa viande sur un feu vif, il était bien vite revenu ensuite à des recettes proches du bœuf bouilli, le plat le plus en faveur chez les Anglais de cette époque.

Mais maintenant, Vendredi lui apprenait des recettes qui étaient celles des tribus araucaniennes, ou qu’il inventait tout simplement.

Pour les œufs, Robinson avait l’habitude de les mettre dans l’eau bouillante plus ou moins longtemps pour qu’ils soient coque, mollets ou durs. Vendredi lui apprit qu’on pouvait se passer de casserole et d’eau. En les transperçant de part en part avec un bâtonnet pointu, il confectionna une sorte de broche à œuf qu’il faisait tourner au-dessus du feu.

Robinson avait toujours cru qu’un bon cuisinier ne doit pas mélanger la viande et le poisson, le sel et le sucre. Vendredi lui montra que ces mélanges sont quelquefois possibles, et même succulents. Par exemple, avant de faire rôtir une tranche de pécari, il faisait avec la pointe du couteau une série de fentes profondes dans l’épaisseur de la viande et, dans chaque fente, il glissait une huître ou une moule crue. La viande farcie de coquillages avait un goût délicieux.

Pour mélanger le sucré et le salé, il entourait un poisson d’une garniture d’ananas, ou il farcissait un lapin avec des prunes.

Travail d’écriture

Écrivez une recette de cuisine araucanienne en vous inspirant de Vendredi ou la vie sauvage

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.