Culture littéraire – Vendredi ou la vie sauvage – Séance 2 – Le naufrage

Objectif : lire l’incipit du roman et deviner la suite

Lecture d’image : le radeau de la Méduse de Théodore Géricault (1819)

Ce tableau, conservé au Louvre, constitue une très célèbre scène de naufrage. Observez-le et notez les différences d’avec le naufrage de Robinson Crusoë tel que vous l’imaginez.

Le naufrage de Robinson CRusoë

À la fin de l’après-midi du 29 septembre 1759, le ciel noircit tout à coup dans la région de l’archipel Juan Fernandez, à six cents kilomètres environ au large des côtes du Chili. L’équipage de La Virginie se rassembla sur le pont pour voir les petites flammes qui s’allumaient à l’extrémité des mâts et des vergues du navire. C’était des feux Saint-Elme, un phénomène dû à l’électricité atmosphérique et qui annonce un violent orage. Heureusement, La Virginie sur laquelle voyageait Robinson n’avait rien à craindre, même de la plus forte tempête. C’était une galiote hollandaise, un bateau plutôt rond, avec une mâture assez basse, donc lourd et peu rapide, mais d’une stabilité extraordinaire par mauvais temps. Aussi le soir, lorsque le capitaine van Deyssel vit un coup de vent faire éclater l’une des voiles, comme un ballon, il ordonna à ses hommes de replier les autres voiles et de s’enfermer avec lui à l’intérieur, en attendant que ça se passe. Le seul danger qui était à craindre, c’était des récifs ou des bancs de sable, mais la carte n’indiquait rien de ce genre, et il semblait que La Virginie pouvait fuir sous la tempête pendant des centaines de kilomètres sans rien rencontrer.

Aussi le capitaine et Robinson jouaient-ils aux cartes tranquillement pendant qu’au-dehors l’ouragan se déchaînait. On était au milieu du XVIIIe siècle, alors que beaucoup d’Européens – principalement des Anglais – allaient s’installer en Amérique pour faire fortune. Robinson avait laissé à York sa femme et ses deux enfants, pour explorer l’Amérique du Sud et voir s’il ne pourrait pas organiser des échanges commerciaux fructueux entre sa patrie et le Chili. Quelques semaines plus tôt, La Virginie avait contourné le continent américain en passant bravement le terrible cap Horn. Maintenant, elle remontait vers Valparaiso où Robinson voulait débarquer.

– Ne croyez-vous pas que cette tempête va beaucoup retarder notre arrivée au Chili ? demanda-t-il au capitaine en battant les cartes (…)

À ce moment-là, le fanal suspendu à une chaîne qui éclairait la cabine accomplit un violent arc de cercle et éclata contre le plafond. Avant que l’obscurité totale se fasse, Robinson eut encore le temps de voir le capitaine plonger la tête la première par-dessus la table. Robinson se leva et se dirigea vers la porte. Un courant d’air lui apprit qu’il n’y avait plus de porte. Ce qu’il y avait de plus terrifiant après le tangage et le roulis qui duraient depuis plusieurs jours, c’était que le navire ne bougeait plus du tout. Il devait être bloqué sur un banc de sable ou sur des récifs. Dans la vague lueur de la pleine lune balayée par des nuages, Robinson distingua sur le pont un groupe d’hommes qui s’efforçaient de mettre à l’eau un canot de sauvetage. Il se dirigeait vers eux pour les aider, quand un choc formidable ébranla le navire. Aussitôt après, une vague gigantesque croula sur le pont et balaya tout ce qui s’y trouvait, les hommes comme le matériel.

Quelques pistes de lecture …

1 – Où et quand cette histoire se déroule t-elle ? Repère la position exacte du navire sur la carte
2 – Pourquoi Robinson a t-il embarqué sur le bateau La Virginie ? D’où part-il et où va t-il ?
3 – Dans le premier paragraphe, relève trois éléments rassurants et trois éléments inquiétants. Quel est l’état d’esprit de Robinson ?

Imaginez la suite

Voici le début du chapitre 2 : “Lorsque Robinson reprit connaissance, il était couché, la figure dans le sable

Racontez ce qui est arrivé à Robinson entre l’arrivée de la vague, à la fin du chapitre 1, et le début du chapitre 2. Aidez-vous des mots ci-dessous.

Rafales Lames Flots Écueils Naufrage Chavirer Couler Bourrasque

Pour aller plus loin : lecture du CHAPITRE 2

L’arrivée de Robinson CRusoë Sur l’île déserte

Lorsque Robinson reprit connaissance, il était couché, la figure dans le sable. Une vague déferla sur la grève mouillée et vint lui lécher les pieds. Il se laissa rouler sur le dos. Des mouettes noires et blanches tournoyaient dans le ciel redevenu bleu après la tempête. Robinson s’assit avec effort et ressentit une vive douleur à l’épaule gauche. La plage était jonchée de poissons morts, de coquillages brisés et d’algues noires rejetés par les flots. À l’ouest, une falaise rocheuse s’avançait dans la mer et se prolongeait par une chaîne de récifs. C’était là que se dressait la silhouette de La Virginie avec ses mâts arrachés et ses cordages flottant dans le vent. Robinson se leva et fit quelques pas. Il n’était pas blessé, mais son épaule contusionnée continuait à lui faire mal. Comme le soleil commençait à brûler, il se fit une sorte de bonnet en roulant de grandes feuilles qui croissaient au bord du rivage. Puis il ramassa une branche pour s’en faire une canne et s’enfonça dans la forêt. 

Après plusieurs heures de marche laborieuse, Robinson arriva au pied d’un massif de rochers entassés en désordre. Il découvrit l’entrée d’une grotte, ombragée par un cèdre géant ; mais il n’y fit que quelques pas, parce qu’elle était trop profonde pour pouvoir être explorée ce jour-là. Il préféra escalader les rochers, afin d’embrasser une vaste étendue du regard. C’est ainsi, debout sur le sommet du plus haut rocher, qu’il constata que la mer cernait de tous côtés la terre où il se trouvait et qu’aucune trace d’habitation n’était visible ; il était donc sur une île déserte. 

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