Séance 6 – Vendredi ou la vie sauvage – L’arrivée de Vendredi et son éducation par Robinson

Objectif : comprendre les différences entre deux cultures

Des Indiens Araucans ont fait étape sur l’île de Robinson. Sous les ordres d’une sorcière, ils se sont livrés à des sacrifices humains. Quelque temps plus tard, ils reviennent sur l’île.

Extraits de Vendredi ou la vie sauvage

Il y avait cette fois trois pirogues à balanciers, posées parallèlement sur le sable. Le cercle des hommes autour du feu était d’ailleurs plus vaste que la première fois, et Robinson, en les examinant à la longue-vue, crut remarquer qu’il ne s’agissait pas du même groupe.

Un malheureux avait déjà été coupé à coups de machette, et deux guerriers revenaient du bûcher où ils avaient jeté ses morceaux. C’est alors qu’eut lieu un rebondissement sans doute inattendu dans ce genre de cérémonie. La sorcière qui était accroupie sur le sol se releva tout à coup, courut vers l’un des hommes, et, tendant vers lui son bras maigre, elle ouvrit la bouche toute grande pour proférer un flot de malédictions que Robinson devinait sans pouvoir les entendre. Ainsi il y aurait une seconde victime ce jour-là ! Visiblement les hommes hésitaient.

Finalement l’un d’eux se dirigea, une machette à la main, vers le coupable désigné que ses deux voisins avaient soulevé et projeté sur le sol. La machette s’abattit une première fois, et le pagne de cuir vola en l’air. Elle allait retomber sur le corps nu, quand le malheureux bondit sur ses pieds et s’élança en avant vers la forêt.

Dans la longue-vue de Robinson, il paraissait sauter sur place, poursuivi par deux Indiens. En réalité, il courait droit vers Robinson avec une rapidité extraordinaire. Pas plus grand que les autres, il était beaucoup plus mince et taillé vraiment pour la course.

Il approchait de seconde en seconde, et son avance sur ses deux poursuivants ne cessait de croître. Dans quelques instants les trois Indiens allaient se trouver nez à nez avec lui, et ils allaient peut-être se réconcilier en le prenant comme victime !

C’est le moment que choisit Tenn pour aboyer furieusement dans la direction de la plage. Maudite bête ! Robinson se rua sur le chien et, lui passant le bras autour du cou, il lui serra le museau dans sa main gauche, tandis qu’il épaulait tant bien que mal son fusil d’une seule main.

Il visa au milieu de la poitrine le premier poursuivant qui n’était plus qu’à trente mètres et pressa la détente. Au moment où le coup partait, Tenn fit un brusque effort pour se libérer. Le fusil dévia et à la grande surprise de Robinson, ce fut le second poursuivant qui effectua un vaste plongeon et s’étala dans le sable. L’Indien qui le précédait s’arrêta, rejoignit le corps de son camarade sur lequel il se pencha, se releva, inspecta le rideau d’arbres où s’achevait la plage, et, finalement, s’enfuit à toutes jambes vers le cercle des autres Indiens.

À quelques mètres de là, dans un massif de palmiers nains, l’Indien rescapé inclinait son front jusqu’au sol et cherchait à tâtons de la main le pied de Robinson pour le poser en signe de soumission sur sa nuque.

Quelques pistes de lecture …

Selon vous, pourquoi l’Indien s’incline t-il devant Robinson ?

Dans Vendredi ou la vie sauvage, Robinson voit d’abord en Vendredi un sauvage à éduquer. Plus tard, il apprendra à l’apprécier pour ses qualités humaines.

Extrait de Vendredi ou la vie sauvage

Robinson s’était longtemps demandé comment il appellerait l’Indien. Il ne voulait pas lui donner un nom chrétien aussi longtemps qu’il ne serait pas baptisé. Il décida finalement de lui donner le nom du jour où il l’avait recueilli. C’est ainsi que le second habitant de l’île s’appela Vendredi.

Quelques mois plus tard, Vendredi avait appris assez d’anglais pour comprendre les ordres de son maître. Il savait aussi défricher, labourer, semer, herser, repiquer, sarcler, faucher, moissonner, battre, moudre, pétrir et cuire le pain. Il savait traire les chèvres, faire du fromage, ramasser les œufs de tortue, en faire une omelette, raccommoder les vêtements de Robinson et cirer ses bottes.

C’était devenu un serviteur modèle. Le soir, il endossait une livrée de laquais et assurait le service du dîner du gouverneur. Puis il allait s’étendre sur une litière qu’il tirait contre la porte de la maison et qu’il partageait avec Tenn.

Robinson, lui, était content parce qu’il avait enfin quelqu’un à faire travailler, et à qui il pouvait tout enseigner de la civilisation. Vendredi savait maintenant que tout ce que son maître lui ordonnait était bien, que tout ce qu’il lui défendait était mal. Il est mal de manger plus que la portion prévue par Robinson. Il est mal de fumer la pipe, de se promener tout nu et de se cacher pour dormir quand il y a du travail.

Robinson avait une autre raison d’être content. Il savait maintenant que faire de l’or et des pièces de monnaie qu’il avait sauvées de l’épave de La Virginie. Il payait Vendredi. Un demi-souverain d’or par mois. Avec cet argent, Vendredi achetait de la nourriture en supplément, des petits objets d’usage courant venant aussi de La Virginie, ou tout simplement une demi-journée de repos – la journée entière ne pouvait être achetée. Il s’était fait un hamac entre deux arbres où il passait tout son temps libre.

Le dimanche était naturellement le plus beau jour de la semaine. Le matin, le gouverneur se faisait apporter par son serviteur une sorte de canne qui ressemblait à la fois au sceptre d’un roi et à la crosse d’un évêque, et, abrité sous une ombrelle en peau de chèvre que Vendredi portait derrière lui, il marchait majestueusement dans toute l’île, inspectant ses champs, ses rizières et ses vergers, ses troupeaux et ses constructions en cours. Il félicitait ou blâmait, donnait des ordres pour la semaine prochaine, faisait des projets pour les années à venir. Puis c’était le déjeuner, plus long et plus succulent qu’en semaine. L’après-midi, Vendredi nettoyait et embellissait Speranza. Il désherbait les chemins, semait des graines de fleurs devant la maison, taillait les arbres d’agrément.

Quelques pistes de lecture …

1 – Quel nom Robinson donne t-il à l’Indien ? Pourquoi ?
2 – Quel type de relation Robinson et Vendredi entretiennent-ils ? Expliquez

DÉBAT À L’ORAL

Que pensez-vous de l’attitude de Robinson vis-à-vis de Vendredi ? Quels changements voudriez-vous y apportez ?

Critères de réussite

  1. Levez la main avant de prendre la parole
  2. Respectez le temps de parole de chacun
  3. Apportez des arguments intéressants
  4. Essayez de convaincre vos camarades d’adopter votre point de vue

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