Séance 2 – Culture littéraire – Les Misérables de Victor Hugo – Une rencontre improbable entre un ancien forçat et un évêque

Objectif : étudier la rencontre de personnages que tout oppose

L’évêque de Digne, Monseigneur Myriel, est surnommé Monseigneur Bienvenu en raison de sa grande générosité. Beaucoup jugent même qu’il est saint. Il veut que sa porte reste toujours ouverte, même si sa sœur et sa servante, Madame Magloire, ont peur des voleurs. Un soir d’octobre 1815, celles-ci sont terrorisées parce qu’elles ont entendu dire qu’un homme effrayant, d’aspect sordide et misérable, erre dans les rues.

CHERCHEZ LA DIFFÉRENCE ENTRE UN ÉVÊQUE ET UN CURÉ DE VILLAGE

Sauriez-vous repérer l’évêque dans ce tableau du 15e siècle ?

Qu’est-ce qu’un forçat ?

Extrait des Misérables (page 36)

La porte s’ouvrit.
Elle s’ouvrit vivement, toute grande, comme si quelqu’un la poussait avec énergie et résolution.
Un homme entra.
Cet homme, nous le connaissons déjà. C’est le voyageur que nous avons vu tout à l’heure errer cherchant un gîte.
Il entra, fit un pas et s’arrêta, laissant la porte ouverte derrière lui. Il avait son sac sur l’épaule, son bâton à la main, une expression rude, hardie, fatiguée et violente dans les yeux. Le feu de la cheminée l’éclairait. Il était hideux. C’était une sinistre apparition.
Mme Magloire n’eut pas même la force de jeter un cri. Elle tressaillit, et resta béante.
Mademoiselle Baptistine se retourna, aperçut l’homme qui entrait et se dressa à demi d’effarement, puis ramenant peu à peu sa tête vers la cheminée, elle se mit à regarder son frère et son visage redevint profondément calme et serein.
L’évêque fixait sur l’homme un œil tranquille.
Comme il ouvrait la bouche, sans doute pour demander au nouveau venu ce qu’il désirait, l’homme appuya ses deux mains à la fois sur son bâton, promena ses yeux tour à tour sur le vieillard et les femmes et, sans attendre que l’évêque parlât, dit d’une voix haute :
— Voici. Je m’appelle Jean Valjean. Je suis un galérien. J’ai passé dix-neuf ans au bagne. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours que je marche depuis Toulon. Aujourd’hui j’ai fait douze lieues à pied. Ce soir en arrivant dans ce pays, j’ai été dans une auberge, on m’a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j’avais montré à la mairie. Il avait fallu. J’ai été à une autre auberge. On m’a dit : Va-t-en ! Chez l’un, chez l’autre. Personne n’a voulu de moi. J’ai été à la prison, le guichetier n’a pas ouvert. J’ai été dans la niche d’un chien. Le chien m’a mordu et m’a chassé, comme s’il avait été un homme, on aurait dit qu’il savait qui j’étais. Là, dans la place, j’allais me coucher sur une pierre, une bonne femme m’a montré votre maison et m’a dit : Frappe là. J’ai frappé. Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j’ai bien faim. Voulez-vous que je reste ?
— Madame Magloire, dit l’évêque, vous mettrez un couvert de plus. Monsieur, asseyez-vous et chauffez-vous. Nous allons souper dans un instant, et l’on fera votre lit pendant que vous souperez.
Ici l’homme comprit tout à fait. L’expression de son visage jusqu’alors sombre et dure s’empreignit de stupéfaction, de doute, de joie, et devint extraordinaire. Il se mit à balbutier comme un homme fou :
— Vrai ? quoi ? vous me gardez ? vous ne me chassez pas ! un forçat ! vous m’appelez monsieur ! vous ne me tutoyez pas ! Va-t’en, chien ! qu’on me dit toujours. Je croyais bien que vous me chasseriez. Aussi j’avais dit tout de suite qui je suis. Je vais souper ! Un lit avec des matelas et des draps ! comme tout le monde ! Un lit ! il y a dix-neuf ans que je n’ai couché dans un lit ! Vous voulez bien que je ne m’en aille pas ! Vous êtes de dignes gens ! D’ailleurs j’ai de l’argent. Je payerai tout ce qu’on voudra. Vous êtes un brave homme. Vous êtes aubergiste, n’est-ce pas ?
— Je suis, dit l’évêque, un prêtre qui demeure ici.
— Un prêtre ! reprit l’homme. Oh ! un brave homme de prêtre ! Alors vous ne me demandez pas d’argent ? Le curé, n’est-ce pas ? le curé de cette grande église ? Tiens ! c’est vrai, que je suis bête ! je n’avais pas vu votre calotte.

Quelques pistes de lecture …

1 – Qui est Jean Valjean ?
2 – Comment Jean Valjean se présente t-il ?
3 – Quel effet Jean Valjean produit-il sur Madame Magloire, sur le lecteur et sur l’évêque ? En quoi la réaction de ce dernier est-elle surprenante ? Citez le texte.
4 – Quel effet l’attitude de l’évêque a t-elle sur Jean Valjean ? Citez le texte
5 – Recherchez dans le dictionnaire les sens du mot « charité »
6 – En quoi l’évêque fait-il preuve de charité ?

TRAVAIL D’ÉCRITURE

Consigne : écrivez un portrait mélioratif de l’évêque Myriel de en vous inspirant de ce portrait péjoratif de Jean Valjean

Il était difficile de rencontrer un passant d’un aspect plus misérable. C’était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l’âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d’argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l’autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l’un des coudes d’un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.

Critères de réussite :

  1. Écrivez au moins 10 lignes
  2. Soignez votre orthographe
  3. Utilisez certains des adjectifs suivants : vénérable, confiant, joyeux, sociable, empathique, compatissant, miséricordieux, bienveillant, compréhensif

Ce travail est à rendre sur feuille ou via le formulaire

Anaïs a écrit …

Il était facile de rencontrer un évêque d’un aspect plus joyeux. C’était un homme de petite taille, trapu, assez âgé, dans le force de l’âge. Il pouvait avoir 70 ou 72 ans. L’évêque Myriel était un homme compatissant, bienveillant.
Monseigneur Myriel portait une calotte noire au sommet de la tête, et avait des cheveux très blancs.
Monseigneur Myriel est également surnommé Monseigneur Bienvenu en raison de sa générosité incroyable.
L’évêque de Digne était tout vêtu de noir.
C’était un homme droit, empathique, confiant, sociable et compréhensif qui consacre la presque totalité de ses biens pour aider les personnes pauvres.

ElyeS a écrit …

Il n’était pas aisé de rencontrer un homme d’une telle générosité. C’était un homme de petite taille à l’allure bienveillante et à la chevelure grisonnante. Il paraissait avoir 60 voire même 70ans.
Il etait respecté de tous ceux qui le connaissaient, nul n’ignorait que c’était un homme vénérable, confiant, joyeux et sociable. Son empathie n’avait d’égal à sa miséricorde. Peu nombreux sont ceux qui n’ont pas bénéficié de sa compassion.

SOHA a écrit …

C’était un homme de moyenne taille qui se nommait Monseigneur Myriel : l’évêque de Digne. Il était assez maigre et il avait les cheveux courts. Son langage était correct, il était joyeux, compréhensif et sociable. C’était un homme très aimable et bienveillant. Il était pieux et vénérable. Il avait je pense, soixante-cinq ans tout au plus. Il portait une soutane noire avec
une croix pectorale.
De plus, Il aidait les personnes en difficultés financières ou autrement dit les plus pauvres en les logeant le soir dans des paillasses installées dans l’église à côté de sa maison. C’était un être très compatissant, il faisait preuve de beaucoup de charité et d’empathie. Mais il gardait tout de même un petit luxe. Il avait une gouvernante qui se prénommait Mme Magloire et il
possédait aussi deux chandeliers en argent et de l’argenterie.
Un jour il permit à un forçat (Jean Valjean) de loger chez lui car il n’y avait plus de paillasses dans l’église. Mais celui-ci a profité de son hospitalité pour voler ses biens précieux (les chandeliers et l’argenterie) puis il a essayé de quitter le pays. Mais le forçat a été arrêté par les forces de l’ordre et Monseigneur Myriel à du mentir pour sauver l’âme de celui-ci. Il a dit
aux forces de l’ordre qu’il avait donné ses biens à Jean Valjean, ce qui montre qu’il est aussi miséricordieux, car c’était tout le contraire il ne lui avait rien donné. Ce qui est surprennent c’est qu’il exigeait de sa sœur (Mademoiselle Baptistine) et de sa gouvernante (Mme. Magloire) que la porte d’entrée de leur demeure ne soit jamais fermée car il avait entièrement confiance en les habitants de la ville.

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