Séance 6 -Culture littéraire – Les grands explorateurs – Bougainville et les tahitiens

Objectifs : je découvre un récit d’un grand explorateur

Bougainville

Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) est un officier et navigateur français. En 1766, il se lance dans un voyage autour du monde et découvre Tahiti.

L’explorateur Bougainville voit Tahiti comme le paradis sur terre, comme un jardin d’Eden.

Qu’est-ce que le jardin d’eden ?

Dans les religions monothéistes, le jardin d’Éden est l’endroit où auraient vécu Adam et Ève, les premiers êtres humains créés par Dieu. C’est un endroit magnifique où il fait bon vivre.

Ici, il est représenté par le peintre allemand Jérôme Bosch.

On voit souvent les Tahitiens nus, sans autre vêtement qu’une ceinture qui leur couvre les parties naturelles. Cependant les principaux s’enveloppent ordinairement dans une grande pièce d’étoffe qu’ils laissent tomber jusqu’aux genoux. C’est aussi là le seul habillement des femmes, et elles savent l’arranger avec assez d’art pour rendre ce simple ajustement susceptible de coquetterie. Comme les Tahitiennes ne vont jamais au soleil sans être couvertes, et qu’un petit chapeau de cannes, garni de fleurs, défend leur visage de ses rayons, elles sont beaucoup plus blanches que les hommes. Elles ont les traits assez délicats ; mais ce qui les distingue, c’est la beauté de leurs corps dont les contours n’ont point été défigurés par quinze ans de torture.

Au reste, tandis qu’en Europe les femmes se peignent en rouge les joues, celles de Tahiti se peignent d’un bleu foncé les reins et les fesses ; c’est une parure et en même temps une marque de distinction. Les hommes sont soumis à la même mode. Je ne sais comment ils s’impriment ces traits ineffaçables ; je pense que c’est en piquant la peau et y versant le suc de certaines herbes, ainsi que je l’ai vu pratiquer aux indigènes du Canada. Il est à remarquer que de tout temps on a trouvé cette peinture à la mode chez les peuples voisins encore de l’état de nature. 


L’usage de se peindre y est donc une mode comme à Paris. Un autre usage de Tahiti, commun aux hommes et aux femmes, c’est de se percer les oreilles et d’y porter des perles ou des fleurs de toute espèce. La plus grande propreté embellit encore ce peuple aimable. Ils se baignent sans cesse et jamais ils ne mangent ni ne boivent sans se laver avant et après.

Quelques pistes de lecture …

1 – Quel peuple est décrit dans ce texte ?
2 – Avec quel autre peuple est-il comparé ? Pourquoi ?

Le caractère de la nation nous a paru être doux et bienfaisant. Il ne semble pas qu’il y ait dans l’île aucune guerre civile, aucune haine particulière, quoique le pays soit divisé en petits cantons qui ont chacun leur seigneur indépendant. Il est probable que les Tahitiens pratiquent entre eux une bonne foi dont ils ne doutent point. Qu’ils soient chez eux ou non, jour ou nuit, les maisons sont ouvertes. Chacun cueille les fruits sur le premier arbre qu’il rencontre, en prend dans la maison où il entre. Il paraîtrait que, pour les choses absolument nécessaires à la vie, il n’y a point de propriété et que tout est à tous. 

Quelques pistes de lecture …

Qu’est-ce qui caractérise les mœurs décrites dans ce dernier paragraphe ? Que pensez-vous de ce mode de vie ?

Pour aller plus loin : analyse d’image

Areaera ou Le Chien rouge, Paul Gauguin, 1892, musée d’Orsay, Paris
1 – Qui sont les personnages ? Où se trouvent-ils ?
2 – Observez les couleurs et les formes. Quels points communs unissent les personnages au paysage ?

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