Séance 4 – Culture littéraire – Les Misérables – Monsieur Madeleine sauve le père Fauchelevent

Objectifs : 1 / J’étudie la transformation du personnage de Jean Valjean : de l’ancien bagnard à l’honnête homme 2/ Je comprends en quoi Jean Valjean se sacrifie pour sauver Fauchelevent

Quizz de lecture

Results

#1. En sortant de chez l’évêque, Jean Valjean commet un nouveau vol : il dérobe une pièce d’argent à un enfant nommé Petit‑Gervais, avant d’être pris de remords. Quelle est la conséquence de cet acte ?

#2. Après l’épisode de Petit Gervais, Victor Hugo nous conte l’histoire de Fantine. Cette dernière a eu un enfant hors mariage avec un homme qui l’a abandonnée. Qu’est-ce que Fantine est contrainte à faire pour nourrir sa fille ?

#3. Quels genres de personnes sont les Thénardier ?

#4. Lorsqu’on retrouve Jean Valjean dans la ville de Montreuil-sur-mer, quel genre d’homme est-il devenu ?

#5. A quoi le désormais nommé Monsieur Madeleine emploie-t-il sa fortune ?

#6. Qui est le seul homme à ne pas aimer Monsieur Madeleine ?

FIN

Depuis sa rencontre avec l’évêque, Jean Valjean est devenu un honnête homme et dirige une fabrique à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). Pour échapper à son passé de forçat, il prend le nom de M. Madeleine. Devenu maire de la ville et considéré de tous, il emploie sa fortune pour aider les plus pauvres. Mais un inspecteur de police, Javert, qui a été gardien au bagne de Toulon, croit avoir reconnu l’ancien forçat. Un jour, le vieux père Fauchelevent, un des rares à ne pas aimer M. Madeleine, se retrouve écrasé sous la charrette qu’il conduisait. On va chercher du secours …

Extrait des Misérables

Le père Fauchelevent poussait des râles lamentables. On avait essayé de le tirer, mais en vain. Un effort désordonné, une aide maladroite, une secousse à faux pouvaient l’achever. Il était impossible de le dégager autrement qu’en soulevant la voiture par dessous. Javert, qui était survenu au moment de l’accident, avait envoyé chercher un cric.

M. Madeleine arriva. On s’écarta avec respect.

— À l’aide ! criait le vieux Fauchelevent. Qui est ce qui est un bon enfant pour sauver le vieux ?

M. Madeleine se tourna vers les assistants :

— A-t-on un cric ?
— On en est allé quérir un, répondit un paysan.
— Dans combien de temps l’aura-t-on ?
— On est allé au plus près, au lieu Flachot, où il y a un maréchal ; mais c’est égal, il faudra bien un bon quart d’heure.
— Un quart d’heure ! s’écria Madeleine.

Il avait plu la veille, le sol était détrempé, la charrette s’enfonçait dans la terre à chaque instant et comprimait de plus en plus la poitrine du vieux charretier. Il était évident qu’avant cinq minutes il aurait les côtes brisées.

— Il est impossible d’attendre un quart d’heure, dit Madeleine aux paysans qui regardaient.
— Il faut bien !
— Mais il ne sera plus temps ! Vous ne voyez donc pas que la charrette s’enfonce ? 
— Dame !
— Écoutez, reprit Madeleine, il y a encore assez de place sous la voiture pour qu’un homme s’y glisse et la soulève avec son dos. Rien qu’une demi-minute, et l’on tirera le pauvre homme. Y a-t-il quelqu’un qui ait des reins et du cœur ? Cinq louis d’or à gagner !

Personne ne bougea dans le groupe.

— Dix louis, dit Madeleine.
Les assistants baissaient les yeux. Un d’eux murmura : — Il faudrait être diablement fort. Et puis, on risque de se faire écraser !
— Allons ! recommença Madeleine, vingt louis !
Même silence.
— Ce n’est pas la bonne volonté qui leur manque, dit une voix.

M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert. Il ne l’avait pas aperçu en arrivant. Javert continua :

— C’est la force. Il faudrait être un terrible homme pour faire la chose de lever une voiture comme cela sur son dos.

Puis regardant fixement M. Madeleine, il poursuivit en appuyant sur chacun des mots qu’il prononçait :

— Monsieur Madeleine, je n’ai jamais connu qu’un seul homme capable de faire ce que vous demandez là.

Madeleine tressaillit.
Javert ajouta avec un air d’indifférence, mais sans quitter des yeux Madeleine :

— C’était un forçat.
— Ah ! dit Madeleine.
— Du bagne de Toulon.

Madeleine devint pâle.
Cependant la charrette continuait à s’enfoncer lentement. Le père Fauchelevent râlait et hurlait :

— J’étouffe ! Ça me brise les côtes ! Un cric ! quelque chose ! Ah !

Madeleine regarda autour de lui :

— Il n’y a donc personne qui veuille gagner vingt louis et sauver la vie à ce pauvre vieux ?

Aucun des assistants ne remua. Javert reprit :
— Je n’ai jamais connu qu’un homme qui pût remplacer un cric, c’était ce forçat.
— Ah ! voilà que ça m’écrase ! cria le vieillard.

Madeleine leva la tête, rencontra l’œil de faucon de Javert toujours attaché sur lui, regarda les paysans immobiles, et sourit tristement. Puis, sans dire une parole, il tomba à genoux, et avant même que la foule eût eu le temps de jeter un cri, il était sous la voiture.

Il y eut un affreux moment d’attente et de silence.

On vit Madeleine presque à plat ventre sous ce poids effrayant essayer deux fois en vain de rapprocher ses coudes de ses genoux. On lui cria :
— Père Madeleine ! retirez-vous de là !
Le vieux Fauchelevent lui-même lui dit :
— Monsieur Madeleine ! allez-vous-en ! C’est qu’il faut que je meure, voyez-vous ! Laissez-moi ! Vous allez vous faire écraser aussi !

Madeleine ne répondit pas.
Les assistants haletaient. Les roues avaient continué de s’enfoncer, et il était déjà devenu presque impossible que Madeleine sortît de dessous la voiture. 
Tout à coup on vit l’énorme masse s’ébranler, la charrette se soulevait lentement, les roues sortaient à demi de l’ornière. On entendit une voix étouffée qui criait : « « Dépêchez-vous ! aidez ! » C’était Madeleine qui venait de faire un dernier effort.
Ils se précipitèrent. Le dévouement d’un seul avait donné de la force et du courage à tous. La charrette fut enlevée par vingt bras. Le vieux Fauchelevent était sauvé.

Madeleine se releva. Il était blême, quoique ruisselant de sueur. Ses habits étaient déchirés et couverts de boue. Tous pleuraient. Le vieillard lui baisait les genoux et l’appelait le bon Dieu. Lui, il avait sur le visage je ne sais quelle expression de souffrance heureuse et céleste, et il fixait son œil tranquille sur Javert qui le regardait toujours.

Quelques pistes de lecture …

1 – Qui se cache sous le nom de M. Madeleine ?

Assetou a répondu …

C’est Jean Valjean qui se cache sous le nom de M. Madeleine

2 – De quel accident le père Fauchelevent a t-il été victime ?

Naïla et Assetou ont répondu …

Le père Fauchelevent a été victime d’un accident de charrette : il s’est retrouvé sous une charrette.

3 – De quelle manière M. Madeleine vient-il en aide à Fauchelevent ? Réussit-il à le sauver ?

Flora a répondu …

M. Madeleine lui vient en aide en jouant le rôle d’un cric. Il réussit à le sauver.

4 – Comment Javert fait-il savoir à Jean Valjean qu’il l’a reconnu ?

Tiago a répondu …

Javert fait savoir à Jean Valjean qu’il n’a connu qu’une seule personne avec une telle force : Jean Valjean, qu’il a rencontré au bagne de Toulon.

5 – Quelle est la figure de style utilisée pour qualifier le regard de Javert ?

Tyron, Maja et Anis ont répondu …

La figure de style utilisée pour qualifier le regard de Javert est la suivante : « un oeil de faucon ». Il s’agit d’une métaphore.

6 – Pourquoi la présence de Javert donne-t-elle plus de prix à l’acte de Jean Valjean ?

Anis et Maja ont répondu …

La présence de Javert donne plus de prix à l’acte de Jean Valjean car il risque d’être reconnu et d’être renvoyé au bagne.

7 – Expliquez l’oxymore souffrance heureuse et céleste : montrez que les adjectifs et le nom expriment des idées contradictoires.

Jean Valjean connait une « souffrance heureuse » car il souffre de risquer de retourner au bagne mais est en même temps heureux d’avoir sauvé la vie d’un homme : il est devenu un « sauveur » comme son modèle Monseigneur Bienvenu et comme le Christ.

8 – Quelle menace pèse désormais sur Jean Valjean ? A quelle suite vous attendez-vous ?

Jean Valjean risque maintenant de retourner au bagne car il est récidiviste.

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