Exercices d’entrainement au brevet des collèges (devoirs de vacances)

Sujet de rédaction (1)

Pour bien comprendre le texte, commencez par lire ceci …

Geneviève Darfeuil n’a pas encore 14 ans quand la guerre éclate en août 1914. Avec sa famille, elle vit entre Paris et Houlgate où ils ont un chalet. Dès le début du conflit, les frères de Geneviève rejoignent leurs régiments. Son père, lui, retourne à Paris où il est médecin et où très vite affluent de nombreux blessés, dont des gueules cassées. Obligées de rester à l’arrière, Geneviève et sa mère n’en restent pas moins inactives pour contribuer elles aussi à la guerre. Elles se mobilisent pour envoyer des colis aux soldats avec de la nourriture, des vêtements. Malgré tout et les années passant, Geneviève se sent bien inutile. Grâce à l’accord de son père, lorsqu’elle est âgée de 17 ans, elle débute une formation pour devenir infirmière et soigner elle aussi les soldats plus ou moins gravement touchés.

Extrait du journal de guerre de Geneviève Darfeuil

Samedi 11 novembre 1916

Aujourd’hui, j’ai seize ans. Pour la première fois, Henri ne me souhaitera pas mon anniversaire.
Depuis que mon frère est mort, je n’ai pas eu le courage d’ouvrir ce cahier. Je n’avais plus rien à dire, ni à écrire.
Mais aujourd’hui, en ouvrant le tiroir de ma table, je l’ai vu, je l’ai pris, je l’ai ouvert, je l’ai lu… et cela m’a donné à nouveau l’énergie d’y raconter notre pauvre vie de guerre…
Cet été, nous sommes quand même allés à Houlgate quelques longues, interminables journées. Alphonsine passe la semaine chez sa voisine. Elle ne quitte guère son fauteuil. Elle parle peu, sauf quand le père Sanrefut vient la voir et qu’ils se racontent leurs souvenirs des moissons achevées à la hâte avant la pluie, des années à pommes et des années sans pommes, de la vache toujours malade, et de celle qui donnait tant de lait…
Le dimanche, Germaine vient chercher sa mère et la conduit à la ferme, que n’emplit plus le bruit des bêtes. Le soir, elle la ramène chez les voisins et repart en carriole pour Dives, tourner ses obus.
Hubert Dugars est tombé à Verdun, le frère de Berthe aussi. Elle a changé. Quand je l’ai vue cet été, elle avait perdu cet air supérieur qui m’agaçait tant. Nous nous sommes promenées le long de la plage. Berthe rêve de devenir infirmière. Elle sera peut-être acceptée l’an prochain dans un hôpital auxiliaire à Bordeaux.
Depuis le mois de septembre, mon père n’opère plus au Grand Palais, mais tout près de chez nous, à l’hôpital de la rue de la Jonquière, où s’est ouvert un service de chirurgie pour les blessés de la face. Heureusement, la grande offensive dans la Somme semble terminée. Début juillet, nos troupes et celles des Anglais ont envoyé un déluge de feu sur les positions ennemies, croyant pouvoir percer les lignes allemandes. La défense a été plus efficace que prévu et, tout l’été, des bataillons entiers de nos fantassins ont été fauchés. Dès qu’ils évoquent nos pertes, les journaux restent très évasifs. Mais, depuis trois mois, papa a vu affluer les blessés. D’après lui, les hôpitaux sont pleins sur tout le territoire.

Infirmière pendant la Première Guerre mondiale,
Journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914-1918


Sujet de rédaction type brevet

Vous imaginerez une lettre écrite par le père médecin à sa fille Geneviève. Vous évoquerez son quotidien et les sentiments qu’il ressent.

Tenez compte du texte initial pour écrire votre rédaction.


Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Kirujan a écrit …


Lundi 13 novembre 1916

Bonjour ma cher fille,

Aujourd’hui, j’ai vu un patient spécial : c’était une gueule cassée, il n’avait pas de bouche ni de nez, et il s’appelait Albert de Francis. Il avait 33 ans. Il est venu me voir et il m’a dit : « Bonjour monsieur, pouvez vous m’aidez ? J’aurais besoin d’une bouche et d’un nez ! » Je lui ai répondu : « Monsieur, comment voulez-vous que je fasse une bouche et un nez ? » L’homme répondit : « S’il vous plaît, j’ai de l’argent ! » Donc j’ai accepté pour 50000 francs. L’homme était heureux et moi aussi. J’ai commencé à faire l’opération mais à ce moment là des policiers arrivent et me demandent : « Est-ce que vous connaissez Albert de Francis ? » Je réponds « Oui, je vais faire son opération » Les policiers l’arrêtent et m’arrêtent également pour escroquerie.

Lundi 20 novembre 1916

Aujourd’hui, ma cher fille, je suis en prison car la police a cru que j’étais le complice d’Albert de Francis. Je leur ai expliqué que j’étais médecin mais ils ne veulent pas me croire donc ils vont m’emmener au tribunal dans un mois. Je ne suis pas seul dans la prison : il y a des criminels qui me regardent bizarrement. J’ai peur, et j’ai demandé à la police si je pouvais changer de prison

Mercredi 20 décembre 1916

Aujourd’hui je vais au tribunal : je ne savais pas que l’homme à la gueule cassée que je voulais opérer était un criminel. Mais la police ne veut pas me croire.
Il est 8h38. À 10h40 je vais au tribunal pour connaitre la décision des juges.

Lundi 25 décembre 1916

Aujourd’hui c’est Noël. Je te souhaite un joyeux Noël. Voilà le cadeau de Noël de mes juges : je serai condamné à mort. C’est une triste nouvelle car je n’ai rien fait.

Lundi 1er janvier 1917

Bonjour ma cher fille,

Aujourd’hui, c’est le Nouvel An. Cela fait près de 1 mois et 5 jours que je suis en prison. Je ne me sens pas très bien : la nourriture n’est pas équilibrée, les toilettes sont sales et des criminels sont avec moi : j’ai peur qu’il me fassent quelque chose de mal.

Mercredi 18 janvier 1917

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et dans la prison les criminels me frappent et j’ai mal. Je me sens pas très bien : j’ai mal au ventre, aux bras et à la tête, et j’ai de la fièvre. J’ai demandé aux policiers si je pouvais allais voir un médecin mais ils refusent.

Dimanche 19 janvier 1918

Cela fait près de 1 ans que je suis en prison. Je pense que je vais bientôt mourir car je me sens pas très bien et car je suis affaibli.

RayYân a écrit …


Bonjour ma fille,

Aujourd’hui, mes patients étaient encore plus atteints que d’habitude : ils avaient tous des gueules cassées. Quand je vois toutes ces personnes avec ces gueules déformées, je pense à tout ce qu’a pu subir ton frère, et cela me chagrine mais je continue à les soigner.
J’espère que tu vas bien et que ta mère aussi. J’espère aussi que cette guerre se terminera rapidement.

Il y a des gueules cassées que l’on n’arrive plus à reconnaître du tout. Je plains leur famille car même en cas de décès on ne les reconnaîtra pas.

Ici, la nourriture est infecte et rationnée, le pain est moisi et l’eau a le goût du plomb en plus d’être très colorée.

Je risque de ne pas survivre. C’est pourquoi je tenais à te dire que le choix d’être infirmière est le bon : c’est même le meilleur des choix : il est beau de servir la cause commune, et notre implication dans la guerre restera dans les annales même si nous étions pas en première ligne.

L’important est de rester en vie et que vous soyez en bonne santé.

Cordialement,
Ton père qui t’aime

Flora a écrit …


Ma chère fille,

Je te souhaite d’abord un joyeux anniversaire. Je suis désolé, tu n’as certainement pas pu dire au revoir à ton frère.

De mon côté, les patients ne font qu’affluer : je me sens débordé et je dors très peu.
Il y a quelque temps, j’ai pu être témoin des plus grandes atrocités de la guerre : un homme m’est venu presque en morceaux. Je me sens très empathique envers ces gens qui vont se battre pour leur patrie.

Mais je ressens aussi quelque chose comme de la haine envers ce gouvernement qui ne veut pas cesser de se battre et qui n’hésite pas à sacrifier des hommes.
Ici, il y a des patients qui peuvent attendre des jours pour se faire soigner parce que nous sommes trop débordés.

Mais je fais de mon mieux.
(Bon je me suis peut-être un peu trop emporté en écrivant cette lettre qui a pour but de parler de mon quotidien)
Revenons à la gueule cassée que j’ai opérée : cet homme avait un trou béant au milieu du visage. J’ai dû remodeler et rafistoler ce pauvre visage.

Il n’avait plus de bras et sa jambe était à moitié décollée. J’ai dû l’amputer.
Quand je vois tous ces soldats qui viennent si amochés je ne sais que dire … Mais j’espère que tout va bien de ton côté. Moi je vais tenir le coup : je n’ai pas vraiment le choix de toute façon.

Je vais te dire la vérité : vu les conditions de travail, j’espère que tu sais que nous ne pouvons pas soigner tout le monde : il y a des centaines de personnes qui meurent en salle d’attente ; la salle d’attente vers la mort comme je l’appelle maintenant, car en arrivant dans l’hôpital de guerre il y a de fortes chances de mourir si vous n’êtes pas pris en charge.
Mais cela tu le sais je pense.
Je vous aime, toi et ta mère, prends soin de toi et continue à écrire si ça te permet d’extérioriser.

Ton père

Sujet de rédaction (2)

Extrait du « silence de la mer » de Vercors

Pendant la seconde guerre mondiale, sous l’occupation allemande, les Français étaient souvent dans l’obligation de loger chez eux des officiers allemands. Dans le « silence de la mer », l’écrivain Vercors raconte l’histoire d’un vieil homme et de sa nièce qui doivent accueillir chez eux un officier allemand : ils décident de lutter contre l’occupant en gardant le silence.



Ce fut ma nièce qui alla ouvrir quand on frappa. Elle venait de me servir mon café, comme chaque soir (le café me fait dormir). J’étais assis au fond de la pièce, relativement dans l’ombre. La porte donne sur le jardin, de plain-pied. Tout le long de la maison court un trottoir de carreaux rouges très commode quand il pleut. Nous entendîmes marcher, le bruit des talons sur le carreau. Ma nièce me regarda et posa sa tasse. Je gardai la mienne entre mes mains.
Il faisait nuit, pas très froid : ce novembre-là ne fut pas très froid. Je vis l’immense silhouette, la casquette plate, l’imperméable jeté sur les épaules comme une cape.
Ma nièce avait ouvert la porte et restait silencieuse. Elle avait rabattu la porte sur le mur, elle se tenait elle-même contre le mur, sans rien regarder. Moi je buvais mon café, à petits coups.
L’officier, à la porte, dit : « S’il vous plaît. » Sa tête fit un petit salut. Il sembla mesurer le silence. Puis il entra.
La cape glissa sur son avant-bras, il salua militairement et se découvrit. Il se tourna vers ma nièce, sourit discrètement en inclinant très légèrement le buste. Puis il me fit face et m’adressa une révérence plus grave. Il dit : « Je me nomme Werner von Ebrennac. » J’eus le temps de penser très vite : « Le nom n’est pas allemand. Descendant d’émigré protestant ? » Il ajouta : « Je suis désolé. »
Le dernier mot, prononcé en traînant, tomba dans le silence. Ma nièce avait fermé la porte et restait adossé au mur, regardant droit devant elle. Je ne m’étais pas levé. Je déposai lentement ma tasse vide sur l’harmonium et croisai mes mains et attendis.
L’officier reprit : « Cela était naturellement nécessaire. J’eusse évité, si cela était possible. Je pense mon ordonnance fera tout pour votre tranquillité. » Il était debout au milieu de la pièce. Il était immense et très mince. En levant les bras il eût touché les solives.
Sa tête était légèrement penchée en avant, comme si le cou n’eût pas été planté sur les épaules, mais à la naissance de la poitrine. Il n’était pas voûté, mais cela faisait comme s’il l’était. Ses hanches et ses épaules étroites étaient impressionnantes. Le visage était beau. Viril et marqué de deux grandes dépressions le long des joues. On ne voyait pas les yeux, que cachait l’ombre portée de l’arcade. Ils me parurent clairs. Les cheveux étaient blonds et souples, jetés en arrière, brillant soyeusement sous la lumière du lustre.
Le silence se prolongeait. Il devenait de plus en plus épais, comme le brouillard du matin. Epais et immobile. L’immobilité de ma nièce, la mienne aussi sans doute, alourdissaient ce silence, le rendaient de plomb. L’officier lui-même, désorienté, restait immobile, jusqu’à ce qu’enfin je visse naître un sourire sur ses lèvres. Son sourire était grave et sans nulle trace d’ironie.

Sujet de rédaction type brevet

Quelques années plus tard, la nièce écrit à un(e) ami(e) pour raconter l’installation chez son oncle de l’officier allemand. Au cours de ce récit, elle défend l’attitude qu’ils ont adoptée face à l’occupant.

Consignes :

Votre devoir devra respecter les caractéristiques d’une lettre et comportera plusieurs paragraphes. Votre récit sera rédigé au passé.

Il sera tenu compte dans l’évaluation de la correction de la langue et de l’orthographe. 

Rayyân a écrit …


Bonjour chère amie,

J’espère que ma lettre te trouvera en grande forme !
Je t’écris car j’ai besoin de parler de ma vie actuelle qui est très difficile du fait de notre invité qui n’est d’autre qu’un allemand, et dont l’arrivée a été une grande surprise.

Nous sommes actuellement accompagnés à contre coeur d’un boche … Nous avons l’obligation de le nourrir et de le loger … Je ne te cacherai pas que son doux visage me fait imaginer la détresse dans laquelle il se trouve, loin de sa famille, de ses amis et de sa patrie.

Mais je me ressaisis car je repense à toutes les souffrances vécues par notre armée, par les soldats et leurs familles.

Nous avons décidé, mon oncle et moi, de faire comme si l’Allemand n’existait pas afin de le faire partir au plus vite.

Hier, lors du souper, il me regarda et il tenta d’entamer une discussion. Il bredouilla quelques mots de français que nous faisions semblant de ne pas comprendre.

Je regardai mon oncle et m’aperçut que dans ses yeux il avait de la sympathie et de la compassion mais nous ne pouvions absolument pas le lui montrer.

Nous avons décidé de ne pas échanger avec lui non pas parce que c’était un Allemand mais parce que nous sentions que dans cette situation nous ne pouvions nous attacher à notre ennemi.

Par patriotisme, je souhaiterais son départ mais au fond de moi, dans une partie plus cachée de mon cœur, je pense que son départ serait pour moi une déchirure.

Bien à toi,
Ta très chère amie

Sujet de rédaction (3)

Extrait de “le miroir des idées de michel tournier

Le grenier est un lieu de mort. Le grenier ressemble toujours aux balcons du ciel, dont parle Baudelaire, où les défuntes années se penchent en robes surannées. L’air du grenier sent la poussière et les fleurs fanées. On y retrouve le landau de bébé, les poupées mutilées, les chapeaux de paille crevés, le livre d’images aux pages jaunies, des journaux célébrant une actualité infiniment lointaine. Les écarts de température y sont énormes, car on y cuit l’été et on y gèle l’hiver. Il faut se garder de trop explorer le contenu des coffres et des malles qui y dorment, car on risque de réveiller des secrets de famille honteux et douloureux.

Sujet de rédaction type Brevet

Bien des années après votre enfance, vous retournez dans le grenier de la maison de votre grand-mère. Parmi les nombreux objets qui éveillent votre souvenir, vous tombez sur une malle : vous l’ouvrez. Vous devez décrire les souvenirs contenus dans cette malle et votre émotion lors de leur découverte.

Rayyân a écrit …


Un matin d’été, je décide de monter dans le grenier de ma grand-mère pour y redécouvrir mes souvenirs.

Je fouillais un peu partout et derrière un vieux chapeau de paille se trouvait une malle. Elle me parut très ancienne, plus ancienne même que les autres avec de la poussière dessus. Je la dépoussiérai et l’ouvris.

Dedans, je trouvai un carnet de photos, un cadre avec une photo de mes parents, et plein d’autres choses.

Je pris le carnet de photos et commençai à le feuilleter.

Tous mes souvenirs me revinrent en tête comme un orage foudroyant qui grondait au-dessus de ma tête.

Dès son ouverture, une vague de souvenirs s’est abattue sur moi.
Je vis un certain nombre de personnes que je ne connaissais pas mais que je devinais être de ma famille.

Sur l’une des photos apparaissait une personne bizarre qui avait le nez crochu, des yeux globuleux,des lèvres monumentales, et des mains volumineuses. Il me semblait que cette personne ne ressemblait à personne de ma famille. Mais je n’en étais pas sûr et dans le doute je pris peur et allai demander des explications à ma grand-mère.

Celle-ci, bien ennuyée de ma découverte, me fit jurer de ne jamais parler de cette photo et me raconta l’histoire suivante : cet homme était un magicien ; il faisait bien partie de la famille et c’est pour cela qu’il était sur la photo.

En fait, c’était mon grand-père, qui un beau jour s’en alla sans donner de nouvelles, laissant ainsi toute la famille livrée à elle-même.

Ma grand-mère m’expliqua qu’à la date d’anniversaire de sa disparition il revenait se poster dans la forêt, regardant de manière insistante en direction de la maison.

Ma grand-mère me dit « chut ! » car personne ne devait connaître cette histoire, « car ton grand-père était un sorcier » me dit-elle.

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