Culture littéraire – Les fables de la fontaine – Le corbeau et le renard

Le corbeau et le renard de jean de la fontaine

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
           Tenait en son bec un fromage.
       Maître Renard, par l’odeur alléché,
           Lui tint à peu près ce langage :
       Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
           Sans mentir, si votre ramage1
           Se rapporte à votre plumage,
     Vous êtes le Phénix2 des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie, 
           Et pour montrer sa belle voix,
   Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
   Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
              Apprenez que tout flatteur
     Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
   Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
           Le Corbeau honteux et confus
   Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.


(1) chant
(2) oiseau fabuleux, mythique, toujours seul de son espèce, qui, après un siècle de vie, mourait consumé par le feu, et renaissait aussitôt de ses cendres. Par extension, être unique en son genre.

Quelques pistes de lecture …

1 – Pourquoi peut-on dire qu’au début de la fable, le corbeau se trouve dans une position supérieure à celle du renard ?
2 – Que veut le renard ? Comment cherche t-il à l’obtenir ? Pourquoi peut-on dire qu’il se montre particulièrement hypocrite ?
3 – Quelle est la réaction du corbeau ? D’après vous, devrait-il susciter la pitié ou la raillerie ?
4 – Relevez la morale de l’histoire. Qui l’énonce ? En quoi est-ce cruel ?
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