SÉANCE 8 – L’ODYSSÉE – le retour à ithaque (séance du mardi 16 juin)

Après l’épisode de Charybde et Scylla, Ulysse et son équipage affrontent une violente tempête qui fait chavirer le navire. Le héros s’accroche à une poutre sur laquelle il dérive pendant dix jours. Il arrive finalement à l’île de Calypso , mais il a perdu tous ses compagnons. Les dieux décident de le ramener enfin chez lui, à Ithaque.

La vieille Euryclée, la nourrice d’Ulysse, monta à l’étage supérieur en riant de joie pour annoncer à sa maîtresse que son époux bien-aimé était de retour. Ses genoux se mouvaient avec souplesse, ses pieds bondissaient de hâte. Debout au chevet de Pénélope, elle lui dit :

« Éveille-toi, Pénélope, mon enfant, afin que tes yeux voient ce que tu désires tous les jours : Ulysse est revenu ! Il est chez lui, tardivement, mais il est là. Et il a tué les illustres prétendants qui pillaient sa maison, dévoraient ses richesses et maltraitaient son fils. »

La prudente Pénélope lui répondit :

« Chère nourrice, les dieux t’ont rendue folle : ils peuvent rendre fou l’homme le plus raisonnable, tout comme ils peuvent aussi ramener à la raison celui dont l’esprit s’est égaré. Ce sont eux qui t’ont troublée car, auparavant, tu avais toute ta tête. […] Allons retrouver mon fils afin que je voie de mes propres yeux les prétendants assassinés ainsi que celui qui les a tués. 

Sur ces mots, elle descendit des étages supérieurs, perdue dans ses réflexions : devait-elle rester éloignée de son cher époux pour l’interroger ? Ou fallait-il plutôt qu’elle s’approche de lui et qu’elle prenne sa tête et ses deux mains pour les embrasser ? Après être entrée et avoir franchi le seuil de pierre, elle s’assit en face d’Ulysse, dans la lueur du feu, près du mur opposé. Ulysse demeurait assis contre une haute colonne, les yeux baissés, dans l’attente de voir si sa noble épouse allait lui adresser la parole après l’avoir observé. Mais elle resta longtemps assise en silence. Son cœur était saisi de stupeur : tantôt elle le regardait en face, le dévisageait et parvenait à le reconnaître, tantôt elle n’arrivait pas à se rendre à l’évidence à cause de ses vêtements de mendiant. Télémaque lui fit ces reproches :

« Ma mère, ma méchante mère au cœur cruel, pourquoi restes-tu si loin de mon père ? Pourquoi ne lui adresses-tu pas la parole et ne t’approches-tu pas de lui pour l’interroger ? Aucune autre femme ne resterait avec tant d’obstination si loin de son époux qui, après avoir tant souffert, serait revenu auprès d’elle vingt après son départ, dans sa terre natale. Ton cœur est toujours plus dur qu’une pierre ! »

La très prudente Pénélope lui dit à son tour :

« Mon enfant, la surprise s’est emparée de mon cœur : je ne peux pas lui adresser une parole ni l’interroger, ni même regarder son visage en face ; mais s’il est vraiment Ulysse, s’il est enfin de retour, nous nous reconnaîtrons tous les deux car nous sommes liés par des signes ignorés de tous et connus de nous seuls. »


Ulysse est ensuite lavé par une servante.

Quand il sortit de la salle des bains, son corps ressemblait à celui d’un Immortel. Il revint et alla de nouveau s’asseoir en face de Pénélope, sur le fauteuil d’où il s’était levé, puis lui dit :

“Divine épouse, les dieux qui habitent les palais de l’Olympe t’ont donné le cœur le plus dur qui soit parmi les femmes : aucune autre femme, assurément, ne ferait preuve d’autant d’entêtement pour se tenir si loin d’un époux qui, après tant d’épreuves subies, reviendrait chez lui après vingt années d’absence ! Eh bien, allons, nourrice, dresse un lit pour moi afin que, moi aussi, je me couche, car c’est un cœur de fer qu’elle a dans la poitrine.

QUELQUES pistes de lecture …

Pourquoi Ulysse a t-il tué les prétendants ?
Pénélope reconnaît-elle Ulysse ?

Afin de savoir si l’homme qu’elle a en face d’elle est bien Ulysse, Pénélope utilise un stratagème : elle dit que quelqu’un a déplacé le lit conjugal, qui a été fabriqué par Ulysse. Or, ce lit a été bâti dans un tronc d’olivier : il est donc impossible à déplacer, détail qu’Ulysse est le seul à connaître …



Ulysse dit : “qui a bougé mon lit ? Ce serait difficile, même pour un homme très habile, à moins qu’un dieu en personne apparaisse et le déplace sans peine. Mais aucun mortel au monde, même dans la force de sa jeunesse, ne pourrait en faire autant. Ce lit a dans sa structure une particularité remarquable ; c’est moi qui l’ai fabriqué, non un autre. Il a été bâti sur un tronc d’olivier.

Ainsi parla-t-il et Pénélope sentit ses genoux et son cœur l’abandonner : elle avait reconnu les signes évidents qu’Ulysse lui avait indiqués. Elle fondit en larmes, se précipita vers son mari et jeta ses bras autour de son cou.

QUELQUES pistes de lecture …

Pénélope est-elle maintenant sûre que l’homme qui prétend être Ulysse est bien son mari ?

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