Séance 5 – Culture littéraire – Les Misérables – Fantine et Cosette

Objectifs : 1/ Connaître les personnages de Fantine et de Cosette 2/ étudier la rencontre entre Jean Valjean et Cosette

Un petit rappel de l’histoire …

Fantine est une fille-mère qui, pour nourrir sa fille unique Cosette, va de déchéance en déchéance : d’abord, elle travaille dans la fabrique de M. Madeleine à Montreuil-sur-Mer ; sa fille est confiée à un couple d’aubergistes, les Thénardier, auxquels elle envoie régulièrement de l’argent. Mais, renvoyée de la fabrique pour avoir caché l’existence de sa fille, elle est contrainte de se prostituer afin de pouvoir continuer à envoyer de l’argent aux Thénardier. Elle sombre peu à peu dans la misère et va jusqu’à vendre ses cheveux et ses dents afin d’envoyer de l’argent aux Thénardier … M. Madeleine ignore d’abord tout de la situation de Fantine. Lorsqu’il l’apprend enfin, cette dernière est sur son lit de mort. Il lui promet alors de prendre soin de sa fille, qui est maltraitée par les Thénardier …

Fantine et sa fille Cosette par Margaret Hall (1886)
Fantine vend ses dents …

Les Thénardier réclament toujours plus d’argent à Fantine. Ils vont même jusqu’à lui faire croire que Cosette est malade afin d’obtenir encore plus d’argent. Fantine, qui a perdu son emploi, est donc contrainte de vendre ses ses dents afin de leur envoyer les deux napoléons d’or (environ quarante francs) qu’ils réclament pour soigner Cosette.

Comme elle passait sur la place, elle vit beaucoup de monde qui entourait une voiture de forme bizarre, sur l’impériale de laquelle pérorait tout debout un homme vêtu de rouge. C’était un bateleur dentiste en
tournée, qui offrait au public des râteliers complets, des opiats, des poudres et des élixirs .
Fantine se mêla au groupe et se mit à rire comme les autres de cette harangue où il y avait de l’argot pour la canaille et du jargon pour les gens comme il faut. L’arracheur de dents vit cette belle fille qui riait, et s’écria
tout à coup :
— Vous avez de jolies dents, la fille qui riez là. Si vous voulez me vendre vos deux palettes, je vous donne de chaque un napoléon d’or .
— Qu’est-ce que c’est que ça, mes palettes ? demanda Fantine.
— Les palettes, reprit le professeur dentiste, c’est les dents de devant, les deux d’en haut.
— Quelle horreur ! s’écria Fantine.
— Deux napoléons ! grommela une vieille édentée qui était là. Qu’en voilà une qui est heureuse !
Fantine s’enfuit et se boucha les oreilles pour ne pas entendre la voix enrouée de l’homme qui lui criait :
— Réfléchissez, la belle ! deux napoléons, ça peut servir. Si le cœur vous en dit, venez ce soir à l’auberge du Tillac d’argent, vous m’y trouverez.
Fantine rentra, elle était furieuse et conta la chose à sa bonne voisine Marguerite :
— Comprenez-vous cela ? ne voilà-t-il pas un abominable homme ? comment laisse-t-on des gens comme cela aller dans le pays ! M’arracher mes deux dents de devant ! mais je serais horrible ! Les cheveux repoussent, mais les dents ! Ah ! le monstre d’homme ! j’aimerais mieux me jeter d’un cinquième la tête la première sur le pavé ! Il m’a dit qu’il serait ce soir au Tillac d’argent. — Et qu’est-ce qu’il offrait ? demanda Marguerite.
— Deux napoléons.
— Cela fait quarante francs.
— Oui, dit Fantine, cela fait quarante francs.
Elle resta pensive, et se mit à son ouvrage. Au bout d’un quart d’heure, elle quitta sa couture et alla relire la lettre des Thénardier sur l’escalier.
Le soir elle descendit, et on la vit qui se dirigeait du côté de la rue de Paris où sont les auberges.
Le lendemain matin, comme Marguerite entrait dans la chambre de Fantine avant le jour, car elles travaillaient toujours ensemble et de cette façon n’allument qu’une chandelle pour deux, elle trouva Fantine assise sur son lit, pâle, glacée. Elle ne s’était pas couchée. Son bonnet était tombé sur ses genoux. La chandelle avait brûlé toute la nuit et était presque entièrement consumée.
Marguerite s’arrêta sur le seuil, pétrifiée de cet énorme désordre, et s’écria :
— Seigneur ! la chandelle qui est toute brûlée ! il s’est passé des événements !
Puis elle regarda Fantine qui tournait vers elle sa tête sans cheveux. Fantine depuis la veille avait vieillie de dix ans.
— Jésus ! fit Marguerite, qu’est-ce que vous avez, Fantine ?
— Je n’ai rien, répondit Fantine. Au contraire. Mon enfant ne mourra pas de cette affreuse maladie, faute de secours. Je suis contente.
En parlant ainsi, elle montrait à la vieille fille deux napoléons qui brillaient sur la table.
— Ah, Jésus Dieu ! dit Marguerite. Mais c’est une fortune ! Où avez-vous eu ces louis d’or ?
— Je les ai eus, répondit Fantine.
En même temps elle sourit. La chandelle éclairait son visage. C’était un sourire sanglant. Une salive rougeâtre lui souillait le coin des lèvres, et elle avait un trou noir dans la bouche.
Les deux dents étaient arrachées.

« Sa tête heurta le chevet du lit et vint retomber sur sa poitrine, la bouche béante, les yeux ouverts et éteints. Elle était morte. »

Observez ces images. Que disent-elles sur le destin de Fantine ? A votre avis, qu’aurait été son destin si elle n’avait pas fait partie du peuple des « misérables » ?

Portrait de Cosette

Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d’ombre profonde étaient presque éteints à force d’avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l’angoisse habituelle, qu’on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés.

Tout son vêtement n’était qu’un haillon qui eût fait pitié l’été et qui faisait horreur l’hiver. Elle n’avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l’on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l’avait touchée. Ses jambes nues étaient rouges et grêles.

Toute la personne de cette enfant, son allure, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l’autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte. La crainte était répandue sur elle ; elle en était pour ainsi dire couverte.

Quelques pistes de lecture …

1 – Quels sont les adjectifs utilisés pour décrire Cosette ? Semble t-elle heureuse ou malheureuse ?

Assetou a répondu …

Les adjectifs utilisés pour décrire Cosette sont des adjectifs péjoratifs comme « laide », « blême et « maigre ». 

Cosette semble malheureuse.

2 – Lisez le deuxième paragraphe. Comment les Thénardier traitent-ils Cosette ?

Les Thénardier maltraitent Cosette : ils la battent (« l’on distinguait partout des tâches bleues et noires qui indiquaient les endroits où La Thénardier l’avait touchée »)

3 – Lisez le troisième paragraphe. A votre avis, pourquoi Cosette est-elle habitée par la crainte ?

Tyron a répondu …

Cosette est habitée par la crainte car elle a peur des Thénardier.

Jean Valjean veille sur le sommeil de Cosette chez les Thénardier

Jean Valjean se rend dans l’auberge des Thénardier pour y chercher Cosette. Les Thénardier lui louent une chambre pour la nuit.

Le voyageur avait déposé dans un coin son bâton et son paquet. L’hôte parti, il s’assit sur un fauteuil et resta quelque temps pensif. Puis il ôta ses souliers, prit une des deux bougies, souffla l’autre, poussa la porte et sortit de la chambre, regardant autour de lui comme quelqu’un qui cherche. Il traversa un corridor et parvint à l’escalier. Là il entendit un petit bruit très doux qui ressemblait à une respiration d’enfant. Il se laissa conduire par ce bruit et arriva à une espèce d’enfoncement triangulaire pratiqué sous l’escalier ou pour mieux dire formé par l’escalier même. Cet enfoncement n’était autre chose que le dessous des marches. Là, parmi toutes sortes de vieux paniers et de vieux tessons, dans la poussière et dans les toiles d’araignée, il y avait un lit ; si l’on peut appeler lit une paillasse trouée jusqu’à montrer la paille et une couverture trouée jusqu’à laisser voir la paillasse. Point de draps. Cela était posé à terre sur le carreau. Dans ce lit Cosette dormait.
L’homme s’approcha, et la considéra.
Cosette dormait profondément, elle était tout habillée. L’hiver elle ne se déshabillait pas pour avoir moins froid.

Quelques pistes de lecture …

1 – Qui est ”le voyageur” ? Qui est ”l’hôte” ? Les Thénardier savent-ils que Jean Valjean est venu pour chercher Cosette ?

Tyron a répondu …

Le voyageur et l’hôte, c’est Jean Valjean. Les Thénardier ne savent pas qu’il est venu pour chercher Cosette.

2 – Cosette dort-elle dans une vraie chambre ? Dans un vrai lit ? Pourquoi ?

Cosette ne dort pas dans une vraie chambre mais dans une sorte de placard sous un escalier. Elle ne dort pas dans un vrai lit mais sur une paillasse. En effet, elle est maltraitée par les Thénardier qui refusent de lui offrir une vraie chambre et un vrai lit.

Jean Valjean éprouve un amour paternel pour Cosette


Jean Valjean a ”acheté” Cosette aux Thénardier ! Il part avec elle à Paris afin d’échapper à Javert. Ils habitent la ”masure” Gorbeau.


Le lendemain au point du jour, Jean Valjean était encore près du lit de Cosette. Il attendit là, immobile, et il la regarda se réveiller.
Quelque chose de nouveau lui entrait dans l’âme.
Jean Valjean n’avait jamais rien aimé. Depuis vingt-cinq ans il était seul au monde. Il n’avait jamais été père, amant, mari, ami. Au bagne il était mauvais, sombre, chaste, ignorant et farouche. Le cœur de ce vieux forçat était plein de virginités. Sa sœur et les enfants de sa sœur ne lui avaient laissé qu’un souvenir vague et lointain qui avait fini par s’évanouir presque entièrement. Il avait fait tous ses efforts pour les retrouver, et n’ayant pu les retrouver, il les avait oubliés. La nature humaine est ainsi faite. Les autres émotions tendres de sa jeunesse, s’il en avait eu, étaient tombées dans un abîme.
Quand il vit Cosette, quand il l’eut prise, emportée et délivrée, il sentit se remuer ses entrailles. Tout ce qu’il y avait de passionné et d’affectueux en lui s’éveilla et se précipita vers cet enfant. Il allait près du lit où elle dormait, et il y tremblait de joie.
C’était la deuxième apparition blanche qu’il rencontrait. L’évêque avait fait lever à son horizon l’aube de la vertu ; Cosette y faisait lever l’aube de l’amour.

Quelques pistes de lecture

1 – Qu’est-ce qu’une masure ? Pourquoi Jean Valjean se réfugie t-il dans un tel endroit ?

Rayyân a répondu …

Une masure est une maison presque en ruines. Jean Valjean se réfugie dans un tel endroit pour fuir Javert et pour ne pas attirer l’attention.

2 – En quoi Jean Valjean est-il un solitaire ? Va t-il le rester ?

Flora a répondu …

Jean Valjean est un solitaire car il ne s’est jamais attaché à personne : il n’a ni famille, ni amante, ni ami. Cependant, il ne va pas le rester car il va s’attacher à Cosette et la considérer comme sa fille.

3 – Expliquez le passage suivant : ”L’évêque avait fait lever à son horizon l’aube de la vertu ; Cosette y faisait lever l’aube de l’amour”

L’évêque a appris la vertu à Jean Valjean, et Cosette lui apprend l’amour.

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