Séance 3 – Culture littéraire – Voyage en poésie – Méditation grisâtre de Jules Laforgue

Objectif : Je découvre un poème de tempête

Méditation grisâtre

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes1 sales, 
Devant l’Océan blême2, assis sur un îlot3
Seul, loin de tout, je songe au clapotis4 du flot5
Dans le concert hurlant des mourantes rafales6.


Crinière7 échevelée8 ainsi que des cavales9,
Les vagues se tordant arrivent au galop 
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots 
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.


Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer, 
Rien que l’affolement des vents balayant l’air. 
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,


Je reste là, perdu dans l’horizon10 lointain, 
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne, 
Et que le Temps n’aura jamais … jamais de fin.


1. Brouillard épais
2. Très pâle
3. Très petite île
4. Mouvement vif et rapide des vagues
5. Lame d’eau soulevée dans la mer par l’action du vent
6. Coup de vent violent
7. Crin du cou de certains animaux
8. En désordre
9. Femelle du cheval (en langage poétique)
1. Ligne circulaire où le ciel et la terre semblent se rejoindre

Quelques pistes de lecture …

1 – Qui parle dans ce poème ? Justifiez votre réponse par une citation du texte
2 – Où cette personne se trouve t-elle ? Que fait-elle ? (première strophe)
3 – Relevez les expressions du poème qui montrent que c’est la tempête
4 – Quel rapport y a t-il entre les vagues et les chevaux ? Quelle image cette comparaison donne t-elle de la mer ?

Analyse d’image

La grande vague de Kanagawa – Hokusaï (1830)
En quoi cette image peut-elle faire penser au poème ?

Travail d’écriture

À votre tour, imaginez que vous assistez à une tempête. Décrivez la tempête ainsi que vos sensations. Votre production écrite pourra prendre ou non la forme d’un poème.

Critères de réussite

  1. Écrire au moins 12 lignes
  2. Reprendre des expressions du poème
  3. Faire au moins une comparaison (par exemple, on peut comparer les vagues déchaînées à des chevaux au galop)
  4. Utiliser beaucoup d’adjectifs et bien les accorder

Inès a écrit …

Nous sommes le 19 octobre 1998. Nous nous trouvons au Havre. Aujourd’hui, j’assiste à une terrible tempête, je vais vous la décrire afin que vous puissiez vous mettre à ma place en l’imaginant et en découvrant la beauté ainsi que la violence de cette tempête. Je n’avais jamais assisté à une tempête comme celle-ci auparavant, la voir m’a fait un énorme plaisir ainsi qu’une énorme frayeur. Même si c’était sous un ciel grisâtre. Ce monstre s’affolait comme un cheval déchainé. En effet, Crinière échevelée ainsi que des cavales, les vagues se tordant arrivent au galop. Je reste là, perdu dans l’horizon lointain. Je contemple ce spectacle à la fois effrayant et magique. Il me fait peur. Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot dans le concert hurlant des mourantes rafales. Je pense que je suis restée longtemps devant cette merveille mais je ne peux pas vous vous dire exactement combien de temps. J’était absorbée par ce chef- d’œuvre naturel. J’était totalement envoutée. Apparemment une tempête fait de violents dégâts sur la terre ferme, détruire des maisons… Mais à ce moment-là, je pensais qu’à une chose : regarder les vagues et rêver. Tout les gens que vous pourrez interrogés vont vous dire qu’une tempête n’est rien qu’un phénomène météorologique qui détruit des habitats et des villes entières, mais pour moi c’est bien plus. Les gens voient une vision négatives des tempêtes mais après avoir assisté à une tempête, j’espère qu’il changeront d’avis. Enfin bon, je ne suis pas là pour vous parler des gens mais bien de la tempête à laquelle j’ai assisté ce jour-là. Juste un dernier mot afin de terminer ce long texte ; extraordinaire. Extraordinaire, la tempête était extraordinaire.

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