SÉANCE 4 – CULTURE LITTÉRAIRE – LES GRANDS EXPLORATEURS – LES MERVEILLES DU BRÉSIL

Objectif : je découvre quelques merveilles du Brésil à travers des extraits d’un récit de voyage de Jean de Léry

Jean de Léry, né en 1536, est un simple cordonnier bourguignon. Or, il est protestant à une époque où les Français de religion protestante sont persécutés en France. Il part dans la terre récemment découverte du Brésil afin de pouvoir y pratiquer librement sa religion. Là-bas, il rencontre la tribu des Indiens Tupinambas et fait de merveilleuses découvertes …

Découverte de l’ananas, le plus excellent fruit de l’amérique

Dans la langue des Indiens Tupinambas, “nana” signifie parfum. Ce mot désigne aussi l’ananas, fruit très parfumé que Jean de Léry décrit dans son récit de voyage.

Quant aux plantes et herbes dont je veux aussi faire mention je commencerai par celles qui, à cause de leurs fruits et de leurs effets me semblent les plus excellentes. Premièrement, la plante qui produit le fruit nommé par les sauvages ananas, est de forme semblable aux glaïeuls, et encore ayant les feuilles un peu courbées et cannelées tout autour, elles s’approchent plus de celles de l’aloès. Elle pousse aussi non seulement amoncelée comme un grand chardon, mais son fruit aussi, qui est de la grosseur d’un melon moyen, et ressemble à une pomme de pin, sans pendre ni pencher d’un côté ni de l’autre, pousse comme nos artichauts.

Et du reste, quand ces ananas sont venus à maturité, étant de couleur jaune azuré, ils ont une telle odeur de framboise, que non seulement en allant par les bois et les autres lieux où il poussent, on les sent de fort loin, mais aussi leur goût fondant dans la bouche est naturellement si doux qu’il n’y a pas de confiture de ce pays qui les surpasse : je soutiens que c’est le plus excellent fruit de l’Amérique. Et, de fait, moi-même, là-bas, j’en ai pressé un dont j’ai fait sortir près d’un verre de suc, et cette liqueur ne me semblait pas inférieure au vin de malvoisie.

Quelques pistes de lecture …

1 – Quel effet Jean de Léry veut-il produire en décrivant l’ananas ?

2 – À quoi compare t-il ce fruit ? Pourquoi ?

Découverte du tabac

Cette herbe, à cause de la singulière vertu qu’elle a, vous allez l’entendre, est en grande estime parmi les sauvages ; et voici comment ils l’utilisent. Après qu’ils l’ont cueillie, pendue par petites poignées, et fait sécher en leurs maisons, ils en prennent quatre ou cinq feuilles qu’ils enveloppent dans une autre grande feuille d’arbre, à la façon d’un cornet d’épice ; ils y mettent alors le feu par le petit bout, et le mettant ainsi un peu allumé dans leurs bouches, ils en tirent de cette manière la fumée, qui leur ressort par les narines et par leurs lèvres trouées,

Vous ne verriez guère nos Brésiliens sans qu’ils aient chacun un cornet de cette herbe pendu au col.

La senteur n’en est pas déplaisante. Cependant je n’ai point vu les femmes en utiliser, et je ne sais quelle en est la raison ; mais je dirai bien qu’ayant moi-même expérimenté cette fumée de tabac, j’ai senti qu’elle rassasie et empêche bien d’avoir faim.

Quelques pistes de lecture …

1 – À l’époque, les Européens connaissaient-ils le tabac ? À votre avis, Jean de Léry se doute t-il du succès que cette herbe connaîtra en Europe et ailleurs ?
2 – Pourquoi Jean de Léry est-il si intrigué par le tabac et pourquoi le considère t-il comme une merveille du Brésil ? En a t-on la même image aujourd’hui ?

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2 commentaires

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