Culture littéraire – Séance 5 – Dire l’amour fugace : l’amour et la guerre

Objectif : j’étudie un poème qui met en scène un amour fugace

Jacques prévert

Jacques Prévert (1900-1977) est un poète français. Il a eu beaucoup de mal à se faire reconnaître des critiques car on lui reprochait la trop grande simplicité de sa poésie.

La poésie « Barbara » est extraite de « Paroles », paru en 1946. Elle se réfère aux  164 bombardements de la ville de Brest entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944. La destruction complète de la ville inspire au poète une réflexion pessimiste sur l’amour fugace.


Barbara de prévert

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam


Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras

Image du Blog galeriedesartistes.centerblog.net


Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant


Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Image du Blog galeriedesartistes.centerblog.net


Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Quelques pistes de lecture …

1 – En quoi ce poème ressemble t-il à une chanson ?

Ce poème ressemble à une chanson car il comporte beaucoup de reprises (par exemple le « rappelle-toi Barbara »)

2 – Dans quel style ce poème est-il écrit ?

Ce poème est écrit dans un style très simple, parfois très familier (« quelle connerie la guerre »)

3 – Qui assiste à la rencontre amoureuse ?

C’est le poète (Jacques Prévert) qui assiste à cette rencontre amoureuse en se promenant dans Brest (« Et je t’ai croisée rue de Siam »)

4 – Décrivez la scène de rencontre amoureuse. En quoi est-elle fugace ?

La rencontre amoureuse entre les deux amants est décrite de manière très simple dans le poème :

« Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras »

On devine que les deux amants se connaissent déjà, et qu’ils vivent un amour heureux. Ce n’est que plus loin dans le poème que l’on réalise que cette rencontre est fugace (c’est-à-dire courte, éphémère) : en effet, les deux amants vont être séparés par la guerre qui se trame.


5 – Qu’est-ce qu’un arsenal ? De quoi ce terme est-il annonciateur ?

Un arsenal est un lieu de dépôt pour les armes et munitions de guerre. Ce terme est annonciateur de la guerre à venir (la Seconde Guerre Mondiale)

6 – À quel moment la guerre fait-elle irruption dans le poème ? Quelle semble être l’opinion du poète sur la guerre ?

La guerre fait irruption vers la fin du poème (« Oh Barbara, quelle connerie la guerre ») : le poète en a une vision extrêmement négative puisqu’il la qualifie de « connerie ». On peut dire qu’il est pacifiste et adepte de la maxime « Faite l’amour pas la guerre »

7 – À votre avis, qu’est-il arrivé aux amants du poème ?

On ne sait pas vraiment ce qui est arrivé aux amants du poème (le poète dit seulement « Est-il mort disparu ou bien encore vivant » à propos de l’homme) mais on peut deviner qu’ils ont été séparés par la guerre.

8 – En quoi peut-on considérer que c’est la mort qui triomphe à la fin du poème ?

On peut considérer que c’est la mort qui triomphe à la fin du poème car on retrouve le champ lexical de la mort : « c’est une pluie de deuil terrible et désolée », « des nuages qui crèvent comme des chiens », « Brest dont il ne reste rien »

Pour aller plus loin : analyse d’images

Décrivez ces images. À quels personnages et à quels moments du poème peuvent-elles se rapporter ?

Results

Bravo ! Les

#1. Qui a écrit le poème « Barbara » ?

#2. Qu’est-ce que les critiques reprochaient à Jacques Prévert ?

#3. Quelle est l’année de parution du poème « Barbara » ?

#4. À quelle guerre est-il fait référence dans le poème ?

#5. À quel évènement de la guerre le poème fait-il plus particulièrement référence ?

#6. La ville de Brest fut …

#7. Qui était Barbara ?

#8. À quel genre de rencontre le poète assiste t-il ?

#9. Qu’est-ce qu’un arsenal ?

#10. Quelle est l’opinion du poète sur la guerre ?

#11. Quelle est l’opinion du poète sur la guerre ?

#12. Que deviennent les amants à la fin du poème ?

FIN

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.