Culture littéraire – Aladdin ou la lampe merveilleuse – Séance 4 – Le Génie de la lampe

Objectif : je découvre l’apparition du génie de la lampe

Après plusieurs jours d’enfermement, Aladdin, désespéré, frotte par hasard l’anneau donné par le magicien. Un gigantesque génie surgit alors devant lui, et lui indique qu’il peut lui demander tout ce qu’il désire.

Qu’est-ce qu’un génie ?

Pour comprendre ce qu’est un génie dans Aladdin ou la lampe merveilleuse, il faut connaître un peu le Coran (Aladdin est après tout une oeuvre arabo-perse) : “génie” est la traduction française du mot arabe “djinn” : dans le Coran, les Djinns sont des créatures capables de choisir entre le bien et le mal. La plupart du temps, ils choisissent le mal et sont considérés comme des démons.

Le poète et écrivain français Victor Hugo a écrit un poème sur les Djinns :


Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !… Quel bruit ils font !


Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde

Extraits d’Aladdin ou la lampe merveilleuse : En frottant l’anneau, Aladdin fait apparaître le génie et sort de la caverne

Aladdin demeura deux jours en cet état, sans manger et sans boire : le troisième jour enfin en regardant la mort comme inévitable, il éleva les mains en les joignant ; et avec une résignation entière à la volonté de Dieu il s’écria : 

« Il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu, le haut, le grand ! »


Dans cette action de mains jointes, il frotta sans y penser, l’anneau que le magicien africain lui avait mis au doigt, et dont il ne connaissait pas encore la vertu.

Aussitôt un génie d’une figure énorme et d’un regard épouvantable s’éleva devant lui comme de dessous la terre, et dit à Aladdin ces paroles : 

« Que veux-tu ? Me voici prêt à t’obéir comme ton esclave, et l’esclave de tous ceux qui ont l’anneau au doigt, moi et les autres esclaves de l’anneau. » 

En tout autre temps et en toute autre occasion, Aladdin qui n’étoit pas accoutumé à de pareilles visions, eût pu être saisi de frayeur, et perdre la parole à la vue d’une figure si extraordinaire ; mais occupé uniquement du danger présent où il étoit, il répondit sans hésiter : « Qui que tu sois, fais-moi sortir de ce lieu, si tu en as le pouvoir. » À peine eut-il prononcé ces paroles, que la terre s’ouvrit, et qu’il se trouva hors du caveau, et à l’endroit justement où le magicien l’avait amené. 

Aladdin retourne chez lui. Sa mère décide de nettoyer la lampe afin de la vendre. Mais ce faisant elle fait apparaître le génie …

La mère d’Aladdin prit la lampe où elle l’avait mise. « La voilà, dit-elle à son fils ; mais elle est bien sale, pour peu qu’elle soit nettoyée, je crois qu’elle en vaudra quelque chose davantage. » Elle prit de l’eau et un peu de sable fin pour la nettoyer ; mais à peine eut-elle commencé à frotter cette lampe, qu’en un instant, en présence de son fils, un génie hideux et d’une grandeur gigantesque s’éleva et parut devant elle, et lui dit d’une voix tonnante : 

« Que veux-tu ? Me voici prêt à t’obéir, comme ton esclave, et de tous ceux qui ont la lampe à la main, moi avec les autres esclaves de la lampe ! »

La mère d’Aladdin n’étoit pas en état de répondre : sa vue n’a voit pu soutenir la figure hideuse et épouvantable du génie ; et sa frayeur avoit été si grande dès les premières paroles qu’il avoit prononcées, qu’elle était tombée évanouie

Pendant que sa mère se remet de son évanouissement, Aladdin demande au génie de faire apparaître un bon repas.

Aladdin demande au génie de faire apparaître un bon repas

« J’ai faim, dit-il au génie, apportez-moi de quoi manger. »

Le génie disparut, et un instant après il revint chargé d’un grand bassin d’argent qu’il portait sur sa tête, avec douze plats couverts de même métal, pleins d’excellens mets arrangés dessus, avec six grands pains blancs comme neige sur les plats, deux bouteilles de vin exquis, et deux tasses d’argent à la main. Il posa le tout sur le sofa, et aussitôt il disparut. 

La mère d’Aladdin fut extrêmement surprise quand elle vit le grand bassin, les douze plats, les six pains, les deux bouteilles et les deux tasses, et qu’elle sentit l’odeur délicieuse qui exhalait de tous ces plats. « Mon fils, demanda-t-elle à Aladdin, d’où nous vient cette abondance ? Le sultan aurait-il eu connaissance de notre pauvreté, et aurait-il eu compassion de nous ? » « Ma mère, reprit Aladdin, mettons-nous à table et mangeons, vous en avez besoin aussi bien que moi. Je vous dirai ce que vous me demandez, quand nous aurons déjeûné. » Ils se mirent à table, et ils mangèrent avec d’autant plus d’appétit, que la mère et le fils ne s’étaient jamais trouvés à une table si bien fournie. 

Après le repas, Aladdin explique à sa mère que l’anneau magique et la lampe magique permettent de faire apparaître un génie qui exauce tous les vœux. Mais cette dernière est méfiante …

« Quoi, s’écria la mère d’Aladdin, c’est donc votre lampe qui est cause que ce mauvais génie s’est adressé à moi ? Ah, mon fils, ôtez-la de devant mes jeux et la mettez où il vous plaira, je ne veux plus y toucher. Je consens plutôt qu’elle soit jetée ou vendue, que de courir le risque de mourir de frayeur en la touchant. Si vous me croyez, vous vous déferez aussi de l’anneau. Il ne faut pas avoir commerce avec des génies: ce sont des démons ; et notre prophète l’a dit. »

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