Séance 6 – Culture littéraire – Les Misérables – Une scène de rencontre amoureuse : la rencontre entre Marius et Cosette

Objectifs : 1/ Découvrir le personnage de Marius 2/ Découvrir la transformation de Cosette 3/ Étudier une scène de rencontre amoureuse

Un petit rappel de la grande Histoire …

À ce stade de l’étude des Misérables, il est nécessaire de rappeler le contexte historique dans lequel se déroule l’histoire de Jean Valjean.
Couronnement de Napoléon Bonaparte

Couronnement de Napoléon Bonaparte

Arrivé au pouvoir quelques années après la Révolution française, il est sacré empereur des Français. Ceux qui le soutiennent se nomment les bonapartistes. Ses adversaires royalistes (qui veulent que les membres de la famille de Louis XVI reviennent au pouvoir) l’appellent l’usurpateur
2 décembre 1804
Bataille de Waterloo

Bataille de Waterloo

L’empereur Napoléon Ier se bat à Waterloo, en Belgique, contre une coalition de puissances européennes. Il perd cette bataille décisive, ce qui va causer sa chute.
18 juin 1815
Règne de Louis XVIII

Règne de Louis XVIII

Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, règne sur la France : c’est la Restauration.
8 juillet 1815 – 16 septembre 1824
Règne de Charles X

Règne de Charles X

À la mort de son frère Louis XVIII, en 1824, il monte sur le trône. Il indispose le peuple français par son interprétation très stricte de la religion catholique et par des atteintes à la liberté de la presse.
16 septembre 1824 – 2 août 1830
Révolution de Juillet 1830

Révolution de Juillet 1830

La révolution de Juillet est la deuxième révolution française après celle de 1789 : elle se déroule sur trois journées, pendant lesquelles des barricades sont dressées dans les rues, occasionnant des affrontements entre des Parisiens insurgés et les forces armées de Charles X. Elle porte au pouvoir un nouveau roi : Louis-Philippe d’Orléans : c’est la monarchie dite ”de Juillet”
Du 27 au 29 juillet 1830
L’insurrection républicaine de 1832

L’insurrection républicaine de 1832

Du 5 au 7 juin 1832, une émeute républicaine secoue Paris : des barricades sont construites dans les rues. Mais les insurgés, qui veulent renverser la monarchie de Juillet, sont en grande partie massacrés par les gardes royaux. Cet épisode est immortalisé par Victor Hugo dans Les Misérables.
Du 5 au 7 juin 1832

Qui est Marius ?

Marius est né en 1810. Son père est l’officier de l’armée napoléonienne Georges Pontmercy qui a combattu héroïquement à Waterloo. Sa mère est la fille d’un riche bourgeois royaliste, M. de Gillenormand. Après la mort de sa mère en 1815, il mène une existence privilégiée avec son grand-père royaliste et ne voit plus son père.

C’est vers l’âge de 17 ans, à la mort de son père, qu’il apprend que ce dernier a été un héros de l’ère napoléonienne. Il devient alors bonapartiste et s’oppose violemment aux opinions royalistes de son grand-père. Ce dernier le chasse alors de sa maison. Marius vit désormais dans la misère, tout en poursuivant des études de droit pour devenir avocat. Mais son chemin va croiser celui de la jeune Cosette …

Portrait de Marius (p. 120)

Marius à cette époque était un beau jeune homme de moyenne taille avec d’épais cheveux très noirs, un front haut et intelligent, les narines ouvertes et passionnées, l’air sincère et calme, et sur tout son visage je ne sais quoi qui était hautain, pensif et innocent. Il était à cette saison de la vie où l’esprit des hommes qui pensent se compose, presque à proportions égales, de profondeur et de naïveté. Une situation grave étant donnée, il avait tout ce qu’il fallait pour être stupide ; un tour de clef de plus, il pouvait être sublime. Ses façons étaient réservées, froides, polies, peu ouvertes. Comme sa bouche était charmante, ses lèvres les plus vermeilles et ses dents les plus blanches du monde, son sourire corrigeait ce que toute sa physionomie avait de sévère. À de certains moments, c’était un singulier contraste que ce front chaste et ce sourire voluptueux. Il avait l’œil petit et le regard grand.

Au temps de sa pire misère, il remarquait que les jeunes filles se retournaient quand il passait, et il se sauvait ou se cachait, la mort dans l’âme. Il pensait qu’elles le regardaient pour ses vieux habits et qu’elles en riaient ; le fait est qu’elles le regardaient pour sa grâce et qu’elles en rêvaient.

Ce muet malentendu entre lui et les jolies passantes l’avait rendu farouche. Il n’en choisit aucune, par l’excellente raison qu’il s’enfuyait devant toutes.

Quelques pistes de lecture …

1 – Relevez toutes les expressions mélioratives concernant l’apparence physique de Marius
2 – Marius a t-il conscience de sa beauté ? Justifiez en citant le texte.

Rencontre entre Marius et Cosette

Marius se promène régulièrement au jardin du Luxembourg. Il y emprunte toujours la même allée, et y rencontre à chaque fois un père et sa fille, assis sur un banc. Dans un premier temps, il ne prête nullement attention à la jeune fille, qui est encore presque une enfant. Mais celle-ci grandit et gagne en beauté …

Il alla droit à « son allée », et, quand il fut au bout, il aperçut, toujours sur le même banc, ce couple connu.

Seulement, quand il approcha, c’était bien le même homme, mais il lui parut que ce n’était plus la même fille. La personne qu’il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent encore avec toutes les grâces les plus naïves de l’enfant ; moment fugitif et pur que peuvent seuls traduire ces deux mots : quinze ans.

C’étaient d’admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées, un front qui semblait fait de marbre, des joues qui semblaient faites d’une feuille de rose, un incarnat pâle, une blancheur émue, une bouche exquise d’où le sourire sortait comme une clarté et la parole comme une musique.

Et, afin que rien ne manquât à cette ravissante figure, le nez n’était pas beau, il était joli ; ni droit ni courbé, ni italien ni grec ; c’était le nez parisien ; c’est-à-dire quelque chose de spirituel, de fin, d’irrégulier et de pur, qui désespère les peintres et qui charme les poètes.

Quand Marius passa près d’elle, il ne put voir ses yeux qui étaient constamment baissés. Il ne vit que ses longs cils châtains pénétrés d’ombre et de pudeur.

Cela n’empêchait pas la belle enfant de sourire tout en écoutant l’homme à cheveux blancs qui lui parlait, et rien n’était ravissant comme ce frais sourire avec des yeux baissés.

Dans le premier moment, Marius pensa que c’était une autre fille du même homme, une sœur sans doute de la première. Mais quand l’invariable habitude de la promenade le ramena pour la seconde fois près du banc, et qu’il l’eut examinée avec attention, il reconnut que c’était la même. En six mois la petite fille était devenue jeune fille ; voilà tout. Rien n’est plus fréquent que ce phénomène. Il y a un instant où les filles s’épanouissent en un clin d’œil et deviennent des roses tout à coup.

Quelques pistes de lecture …

1 – Que sait Marius du « père » et de la « fille » qu’il croise régulièrement au jardin du Luxembourg ?


2 – Qu’est-ce que Marius remarque de surprenant à propos de la jeune fille ?
3 – Relevez plusieurs des comparaisons du troisième paragraphe. Que disent-elle sur Cosette ?

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