Séance 4 – Vendredi ou la vie sauvage – La civilisation de l’île

Robinson a compris qu’il devenait fou et que le bateau qu’il avait cru voir arriver n’était qu’une hallucination. Il décide alors de se reprendre en main et de civiliser son île.

Qu’est-ce que le mot « civilisation » vous évoque ?


Qu’est-ce que le mot « sauvagerie » vous évoque ?

Un indien Nambikwara du Brésil

“Durant les semaines qui suivirent, Robinson explora l’île méthodiquement et tâcha de repérer les sources et les abris naturels, les meilleurs emplacements pour la pêche, les coins à noix de coco et à ananas.

Il établit son dépôt général dans la grotte qui s’ouvrait dans le massif rocheux du centre de l’île. Il y transporta tout ce qu’il put arracher à l’épave qui avait résisté par chance aux tempêtes des mois précédents.

Les livres qu’il trouva dans les cabines de l’épave avaient tellement été lavés par l’eau de mer et la pluie que le texte imprimé en était effacé, mais Robinson pensa qu’en faisant sécher ces pages blanches au soleil, il pourrait les utiliser pour écrire son journal, à condition de trouver un liquide pouvant tenir lieu d’encre.

Ce liquide lui fut fourni par un poisson qui pullulait alors près de la falaise du Levant, le diodon, ou poisson-hérisson.

En remuant avec un bâton l’un de ces poissons échoués sur le sable, Robinson avait remarqué que tout ce qui entrait en contact avec son ventre prenait une couleur rouge tenace et voyante qui pourrait lui tenir lieu d’encre. Il se hâta de tailler une plume de vautour, et il put sans attendre tracer ses premiers mots sur une feuille de papier. Il décida alors d’écrire chaque jour dans le livre le plus gros les faits principaux qui lui seraient arrivés.

Sur la première page du livre, il dressa la carte géographique de l’île et il inscrivit au-dessous le nom qu’il venait de lui donner : Speranza, ce qui veut dire l’espérance, car il était décidé à ne plus jamais se laisser aller au désespoir.”

Parmi les animaux de l’île, les plus utiles seraient à coup sûr les chèvres et les chevreaux qui s’y trouvaient en grand nombre, pourvu qu’il parvienne à les domestiquer.

L’examen des sacs de riz, de blé, d’orge et de maïs qu’il avait sauvés de l’épave de La Virginie réserva à Robinson une lourde déception. Les souris en avaient dévoré une partie. Une autre partie était gâtée par l’eau de pluie et de mer. Il fallut trier chaque céréale grain par grain, un travail de patience long et fatigant. Mais Robinson put ensemencer quelques acres de prairie qu’il avait auparavant brûlées et ensuite labourées avec une plaque de métal provenant de La Virginie et dans laquelle il avait pu percer un trou assez large pour y introduire un manche.

Le labourage dans l’Égypte antique

Ainsi Robinson en créant un troupeau domestique et un champ cultivé avait commencé à civiliser son île, mais ce n’était encore qu’une œuvre fragile et limitée, et il avait souvent la révélation que l’île restait une terre sauvage et hostile.

C’est peu après cette première récolte que Robinson eut la très grande joie de retrouver Tenn, le chien de La Virginie. La présence de ce compagnon le décida à mettre à exécution un projet qu’il avait depuis longtemps : se construire une vraie maison, et ne plus continuer à dormir dans un coin de la grotte ou au pied d’un arbre.

Il situa sa maison près du grand cèdre au centre de l’île. Il creusa d’abord un fossé rectangulaire qu’il meubla d’un lit de galets recouverts eux-mêmes d’une couche de sable blanc. Sur ces fondements parfaitement secs et perméables, il éleva des murs en mettant l’un sur l’autre des troncs de palmiers. La toiture se composa de roseaux.

Des peaux de biques et des nattes de jonc, quelques meubles en osier, la longue-vue, le sabre et l’un des fusils suspendus au mur créèrent une atmosphère confortable et intime que Robinson n’avait plus connue depuis longtemps. Il prit même l’habitude, ayant déballé les vêtements contenus dans les coffres de La Virginie – et certains étaient fort beaux ! – de s’habiller chaque soir pour dîner, avec habit, haut-de-chausses, chapeau, bas et souliers.

Pour savoir l’heure, il confectionna une sorte de clepsydre, c’est-à-dire une horloge à eau, comme on en avait autrefois. C’était simplement une bonbonne de verre transparent dont il avait percé le fond d’un tout petit trou par où l’eau fuyait goutte à goutte dans un bac de cuivre posé sur le sol. La bonbonne mettait vingt-quatre heures à se vider dans le bac, et Robinson avait strié ses flancs de vingt-quatre cercles parallèles marqués chacun d’un chiffre. Ainsi le niveau du liquide donnait l’heure à tout moment.

Clepsydre de l’Antiquité grecque

La vie suivait son cours, mais Robinson éprouvait de plus en plus le besoin de mieux organiser son emploi du temps. Il avait toujours peur de retomber dans la souille, et peut-être de devenir comme une bête. C’est très difficile de rester un homme quand personne n’est là pour vous y aider ! Contre cette mauvaise pente, il ne connaissait comme remèdes que le travail, la discipline et l’exploitation de toutes les ressources de l’île.

Lorsque son calendrier eut mille jours inscrits, il décida de donner des lois à l’île de Speranza. Il revêtit un costume de cérémonie, il se plaça devant un pupitre qu’il avait imaginé et fabriqué pour pouvoir écrire debout, puis ouvrant l’un des plus beaux livres lavés qu’il avait trouvés dans La Virginie, il écrivit : 

CHARTE DE L’ÎLE DE SPERENZA COMMENCÉE LE 1000e JOUR DU CALENDRIER LOCAL


Quelques pistes de lecture …

1 – Listez dans l’ordre les différentes activités de Robinson

2 – Les activités de Robinson le rapprochent-elle de la vie civilisée ou de la vie sauvage ? Justifiez

3 – Comment Robinson nomme t-il son île ? Pourquoi ? Comment la considérait-il à son arrivée ?

Débat à l’oral

Le mode de vie de Robinson sur l’île a t-il changé depuis l’épisode de la souille ? Si oui, s’agit-il d’après vous d’un mode de vie intéressant ? Échangez vos points de vue.

Critères de réussite

  1. Levez la main avant de prendre la parole
  2. Respectez le temps de parole de chacun
  3. Apportez des arguments intéressants
  4. Essayez de convaincre vos camarades d’adopter votre point de vue

Travail d’écriture (en binôme)

Écrivez les articles de lois de la Charte de l’île de Sperenza en suivant le schéma suivant :

CHARTE DE L’ÎLE DE SPERENZA COMMENCÉE LE 1000e JOUR DU CALENDRIER LOCAL

Article Ier :

Article II :

Article III :

Article IV :

Article V :

Conseils

  1. Commencez par vous demandez sur quoi vous pourriez légiférer (légiférer veut dire produire des lois) : horaires de travail, religions, langues, règles de vie, interdictions , etc.
  2. Réfléchissez à la manière dont vous allez formuler vos lois (exemple : « Les habitants de l’île de Speranza doivent / ne doivent pas … », « Les habitants de l’île de Speranza pratiquent la religion … »

Critères de réussite

  1. Écrivez lisiblement (votre charte doit pouvoir être lue par les habitants de l’île de Speranza
  2. Soignez votre orthographe
  3. Soignez la présentation de votre charte (il faut que ce soit joli)
  4. Faites preuve d’originalité

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